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Je vous parle d'un temps où le nouveau pont des Andelys n'était pas encore construit, et où il fallait passer le bac au Petit Andelys, ou à Muids, pour accéder facilement à Bernières depuis Paris. La commune se nommait simplement "Bernières", "par les Adelys" pour plus de précision, renommée Bernières-sur-Seine le 30 mai 1946. Le habitants s'appelaient Thorel, Amette, Heudebert, Bodréro, Hébert, Potel, Langlois, Lapègue, Clérisse, Dollé, Gio (orthographes non garanties), et autres noms que j'ai oubliés.
Danie, moi, et, au fond, le "Père Clérisse, vers 1945-1948. Le "père Gio" régnait sur la mairie. Aucune sablière béante, ni étang artificiel, ne troublait les cultures ni les pâturages sans pesticides, où ruminaient les vaches au milieu des rosés des prés. Les vastes bois regorgeaint de gibier.
Devant l'estaminet, les chasseurs parisiens (mon père Fernand et "Tonon" Marcel Domard), Aucun tracteur n'accélérait le pas paisible des chevaux Aucun téléphone ne vous réveillait à l'aube pour un faux numéro. Chaque printemps printemps, le vieux "père Thorel" déployait malicieusement au café-hotel-restaurant, son mouchoir rempli de morilles, cueillies le matin même en un endroit soigneusement gardé secret. André Dollé, seul commerçant du village, dispensait à l'apéritif son (parfaitement illégal) "pastis fait main". Illégal au point où, la serveuse Hélène, très émue, à versé une grande rasade de "Mir", aux gendarmes venus enquêter sur les mixtures (réputées "bizarres") du cru. Le paton boitille et pour faire la paix, Fernand Bourgeois 1948, sur André Dollé et le "célèbre" serveur Maurice. Notre "Pépé Lapègue" nous montait ses "coins à girolles", tout en égrainant ses "histoires des tranchées de la grande guerre".
Danie, notre "Pépé Lapègue", la gentille chienne Véga, et moi, vers 1947-48 Les (pourtant excellents) cèpes étaient étrangement dédaignés, sous le nom usurpé de "bolets de Satan" La minuscule mairie-école accueillait tous les élèves de toutes les classes dans une seule pièce, avec son unique maîtresse, du première âge scolaire ... jusqu'au "certif". Contrairement à Paris, on pouvait trouver lait, crème onctueuse, beurre, oeufs, poules et viandes. Les allées des bois de "la Garenne" étaient jonchées de carcasses de véhicules et d'armes rouillantes, trahissant la récente débâcle allemande. Mes tantes causaient d'affreux scandale municipaux, relayés en prêches par un curé intraitable, en osant se promener "en ville (sic)" ... en pourtant chastes ... pantalons. Eau courante et "tout à l'égout" étaient des utopies, et les latrines, très sommaires.
Innocent cueilleur de fleur, au retour de la fameuse "cabane au fond du jardin" du père Lapègue.
C'était le paradis. C'était hier. |
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Bernières, vers 1945-1948 (cette page)