Voir la page associée, origine des rappels: Circuits résonants - internes et externes , et voir la page concernant: champ et association des bobines:
| I - Circuit interne au micro:
Dans la pratique, si un micro développe sa propre force électromotrice (ou f.e.m.), celle-ci agit sur un circuit interne, composé de:
Le schéma équivalent au micro seul est alors:
Le micro est donc soumis à un filtre interne, dit filtre série RLC, du second ordre, et sa tension de sortie Vs est liée à la la tension d'entrée Ve (ou f.e.m.), suivant une courbe du genre (on éludera ici la démonstration, classique chez les électriciens (voir ici le pdf correspondant, circuit série), mais rébarbative pour un guitariste candide):
Courbe typique de variation de Vs/Ve en dB, en fonction de la fréquence,
On pourrait démontrer que la valeur de la fréquence de résonance f0 est telle que: 1/f0 = 2π(LC)1/2 La fréquence de résonance f0 diminue donc comme √LC
Mais, pour aller plus loin, ce circuit de filtre interne au micro, est lui-même suivi d'un second filtre externe également dit "du second ordre", composé du câble de liaison et de sa capacité de fuite, raccordé sur l'impédance d'entrée du préampli, suivant le schéma équivalent:
III - Autres circuits embarqués: Nous avons oublié, pour simplification, les circuits annexes embarqués, souvent commandés par des potentiomètres, contacteurs, et "switches" divers, qui s'interposent couramment entre micro et jack de sortie. On voit immédiatement que la capacité de fuite interne du micro est associée, au minimum, à une seconde capacité de fuite externe, qui joue donc également sur la fréquence de coupure et le "pic" de l'ensemble. Les autres circuits embarqués ont donc une influence. Mais la multiplicité des cas possibles fait repousser leur analyse à une éventuelle future page. On peut cependant citer des phénomènes avérés, mais peu ou mal connus:
Ces principes ont été souvent adoptés par les frères Jacobacci, dans leurs oeuvres les plus raffinées. D'où la notion qui m'est chère de "guitare d'homme", plaisanterie destinée à promouvoir la guitare de jazz munie d'un seul micro, jouée avec ses deux potentiomètres ouvert à fond. |
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La fréquence de résonance de la plupart des micros usuels combinés avec des câbles le liaison courants, tourne entre 2000 et 5000 Hz. C'est la plage où l'oreille humaine à la meilleure sensibilité. Une succincte corrélation subjective entre fréquences de résonance et sonorités indique que:
Bien entendu, le son dépend également de la hauteur du pic de résonance. Un pic élevé produit un son puissant et fortement personnalisé; un pic atténué, un son affaibli, particulièrement avec des "solid bodies" qui n'ont aucune caisse de résonance. Toujours en oubliant l'influence des autres circuits embarqués (par commodité simplificatrice), la fréquence de résonance dépend à la fois de l'inductance L du micro (généralement compris entre 1 et 10 Henrys) et de la capacité de fuite totale C. C est la somme de la capacité de fuite du bobinage (environs 80-200 pF) et de celle du câble de liaison (environs 300-1000 pF). Il est donc clair que le câble de liaison soit être choisi avec discernement.
II - Selfs magnétiquement couplées (à méditer par tous) La valeur de l'induction L d'une self mesure le coefficient qui lie le flux d'induction φ qu'elle envoit au travers de son propre circuit (d'où le nom de "self induction"), parcouru par le courant i, au travers de la relation fondamentale de définition: φ = Li Cette définition sous-entend que le circuit en question est isolé de l'influence de tout autre flux d'induction. En considération préalable à l'étude qui suit, il est utile d'indiquer qu'au cas où deux bobines n°1 et n°2, de self inductances respectives L1 et L2, seraient suffisamment voisines pour que tout ou partie du flux d'induction qui traverse l'une traverse également l'autre (tout ou partie), les sont dites "magnétiquement couplées" par un facteur commun M, dit "coefficient d'induction mutule".
C'est généralement le cas le plus fréquemment rencontré dans l'associaient de plusieurs micros ou, moins souvent, dans l'association des deux bobines d'un même micro type "humbucker". En ce cas, nous admettrons que:
1/R = 1/R1 + 1/R2
C = C1 + C2
1/L = (L1 + L2 -2M)/(L1L2 -M2) où M est positif ou négatif, suivant l'orientation relative des bobines constitutives et où M2≤L1L2 Cas particuliers fréquemment utilisés de mise en parallèle de micros: a - Deux micros identiques, en parallèle, et totalement magnétiquement découplés (voir les figures correspondantes): C'est la configuration En ce cas, R1 = R2, C1 = C2 et L1 = L2
On peut donc dire que seule la hauteur du pic de résonance, deux fois plus élevée, caractérise la coloration due à la mise en parallèle de deux micros identiques et non couplés. D'où une sensation plus acerbe, plus "nasillarde" que celle de chaque micro écouté seul. b) Deux micros identiques en parallèle et relativement rapprochés (magnétiquement couplés): On a toujours, R1 = R2, C1 = C2 et L1 = L2 = l
D'après la formule générale, l'inductance globale L est à présent telle que: 1/L = (L1 + L2 -2M)/(L1L2 -M2) = 2(l -M)/(l2 -M2) = 2/(l+M) soit L = (L1+M)/2= (L2+M)/2 Tout se passe comme si la valeur de chaque inductance était aumentée de la valeur M. Et comme on a forcément |M|≤l, alors on a aussi: 0 < L ≤ l Micros à couplage positif: les orientations des faces des micros sont telles que les lignes de champ sortant d'une face d'un micro ne peuvent qu'entrer par la face identique de l'autre (voir les figures correspondantes). Cependant, s'agissant de micros identiques, il ne peuvent qu'être:
Alors M≥0 et l/2l<L≤l
On peut donc dire que le "pic" résultant de deux micros:
est plus prononcé et plus aigu que dans le cas d'un micro seul. En comparaison avec le cas des micros non couplés, la fréquence de résonance est ici plus faible, plus resserrée, et rejetée vers l'aigu, souvent hors de la limite haute des sons effectivement reproduits par les hauts parleurs. C'est la configuration que je privilégie, avec le second avantage d'une fenêtre de lecture agrandie. Mais pour certains effets "zarbis", mon choix n'est pas forcément le bon. c) Deux bobines identiques en parallèle dans un même micro C'est le cas classique d'un "humbucker" où le raccordement des deux bobines est forcé en parallèle, au lieu du raccordement classique en série. On a toujours, R1 = R2, C1 = C2 et L1 = L2
Tout se passe comme si l'inductance des deux bobines en parallèles avait pris chacune la nouvelle valeur L1+M = L2+M = 2L1 = 2L2
C'est généralement le cas le plus fréquemment rencontré dans celui des deux bobines d'un même micro type "humbucker" ou, moins souvent, l'association de plusieurs micros. En ce cas, nous admettrons que les comportements sont inverses de ceux constatés pour le montage parallèle:
R = R1 + R2
1/C = 1/C1 + 1/C2
L = L1 + L2 +2M où M est positif ou négatif, suivant l'orientation relative des bobines constitutives et où |M|≤L1 et |M|≤L2 Comme dans le cas parallèle, tout se passe comme si la valeur de chaque inductance était aumentée de la valeur M. a) - Cas de deux bobines identiques, en série opposée, dans un même micro (cas du humbucker usuel) C'est le cas le plus fréquent de montage employé dans les "humbukers". On a toujours, R1 = R2, C1 = C2 et L1 = L2
b) - Cas de deux micros, identiques, raccordés en série (peu usité). On a toujours, R1 = R2, C1 = C2 et L1 = L2 (car les micros 1 t 2 sont identiques)
Cependant, s'agissant de micros identiques, il ne peuvent qu'être:
Alors, dans tous les cas: L = L1 + L2 +2M ≥ L1 + L2 Tout se passe comme si la valeur de chaque inductance était aumentée de la valeur M
Il est vraisemblable que la forte foce élecromotrice due au montage série, conjuguée à un "pic" de résonance à la fois plus élevé et large que celui d'un micro seul, donne un résultat auditif trop agressif. Mais un essai pourrait réserver des surprises. Pour les amateurs de sensations fortes, je rapelle ici le schéma de raccordement d'un inverseur double et deux positions (série ou paralèle): Ou bien, à l'aide d'un inverseur double, à 6 broches, deux positions (série ou parallèle):
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Vous croyez être arrivé au bout des combinaisons entre bobines et micros. N'oubliez pas qu'on dénombre déjà 64 façons de raccorder un humbucker, sans compter les nombres infinis de manières susceptibles de coupler magnétiquement deux micros identiques. Il faudrait donc ajouter la kyrielle de façon d'associer des micros ou des bobines plus ou moins différents. Les raisonnements indiqués ici ne sont donc que des modèles pour d'autres configurations que vous pourriez inventer. Je vous en laisse le soin, ô concepteur aussi aventureux que courageux. |
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