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(Traductor, traidor!) |
Le micro (et la guitare) Charlie Christian(Voir également les autres pages sur les micros) |
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Charlie Christian, micro à barrette, bar pick-up, CC, etc., les noms et surnoms ne manquent pas. C'est LE micro digne des superlatifs: le plus ancien, le meilleur (pour moi et beaucoup d'autres), le plus long, le plus lourd, celui qui produit le champ magnétique le plus enveloppant, etc... Et c'est, également, le plus ... encombrant, deux exemplaires identiques ne pouvant coexister simultanément dans une seule guitare. Historiquement, c'est le premier micro pour véritable guitare électrique, spécialement conçu, pour et avec, la Gibson ES-150, première guitare électrique de grande série au monde. Auparavant, sous l'égide de Loyd Loar (1886-1943, génial créateur des L5, Super 400, perfectionnements divers, et autres "truss rods"), Gibson avait bien expérimenté une guitare amplifiée, apparemment par l'intermédiaire d'un micro électrostatique, dans le courant des années 1920 (vraisemblablement 1924). Mais l'expérience avait tourné court, en raison de son caractère trop révolutionnaire pour l'époque. Cette mésentente entre Lloyd Loar et Gibson a du accélérer le départ de Loar en 1925, pour poursuite de ses travaux en acoustique.
Première photo d'un protoype de guitare électrique. De son côté, depuis 1931, Rickenbacker avait monté avec succès des micros "horse shoe" (en fer à cheval), avec leurs énormes aimants, sur ses "lap steel" (guitares hawaïennes) baptisées "frying pans" (poêles à frire), puis finalement obtenu un brevet pour une guitare électrique en août 1937, brevet déposé par Georges Beauchamp et comportant un schéma d'amplification.
Extrait du brevet Rickenbacker du 10 août 1937. Dès 1932, la firme Dobro (Dopeyra Brothers) avait également fourni un micro sur quelques guitares à résonateur et, un peu plus tard, la société Valco déclarera avoir réalisé la première guitare électrique moderne. De même, dans les années 30, Georges Barnes se montrait armé d'une guitare que je que qualifierait plutôt de "guitare amplifiée", par opposition à ma conception de la guitare électrique. Mais c'est après avoir produit, vers 1934 ou 35, ses premières guitares hawaïennes et banjos électriques, que Gibson se décide à présenter (dès 1936) puis produire (dès 1937), la première guitare électrique réellement populaire, la fameuse ES-150. Le nom est attribué à cause du prix de vente d'origine de l'ensemble guitare ES-150 et ampli EH-150: 150 dollars. Pratiquement dès sa sortie (mais précédé de peu par Eddy Durham puis Floyd Smit), un guitariste génial, Charlie Christian, s'en empare, et la postérité distribue les surnoms: le micro et la guitare "Charlie Christian". Dès lors, des guitaristes tels que T. Bone Walker, Oscar Moore, Tall Farlow, Jimmy Raney, Barney Kessel etc. ont contribué au développement du mythe, qui perdure jusqu'à nos jours.
Osca Moore et son ES-250 N, avec Nat king Cole, circa 1940 Dernier avatar historique, de 1939 à 1941, Gibson fournit une version luxueuse de sa guitare, l'ES-250, éventuellement disponible avec son ampli dédié. Seulement 70 exemplaires de cette guitare semblent voir été expédiés, "sunburst" et "natural" confondus. Sous la pression constante des guitaristes de jazz, Gibson a longtemps continué à fournir ce micro sur commande spéciale, et à en équiper son ES-175 CC. Même aujourd'hui, Seymour Duncan en fournit une réplique qui semble parfaite. Pour des détails plus musicaux et jazzistiques, vous pouvez consulter la page d'un passionné: http://users.skynet.be/sky19290/guitare.htm |
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A propos, de Guy Hart, André Duchossoir, questionné sur le personnage, précise dans un mail privé: " Guy Hart fût le Directeur Général de Gibson de 1924 à 1948 - date à laquelle il fût remplacé par Ted McCarthy à l'initiative de CMI et de Maurice Berlin qui prirent le contrôle de Gibson au sortir de la 2ème guerre mondiale. Fin ce citation. Le micro est constitué de deux aimants plats et longs destinés à être fixés par trois vis, sous la table de la guitare, la pièce polaire, sous la forme d'une lame (barrette), traversant la table à angle droit des aimants, et portant la bobine qu'elle traverse. La principale originalité du micro, ainsi que sa sonorité inégalable, sont, pour moi, dus à la grande longueur de corde qui baigne dans le champ magnétique, celui-ci faisant fortement dévier la boussole depuis la touche jusqu'au chevalet. Il semble que cette faculté à capter la corde dans un très grande longueur, lui confère une dynamique exceptionnelle et un équilibre sonore très appréciable. Le principe de la lame (barrette) pourrait également avoir son importance, en réduisant les harmoniques désagréables créés par les pièces polaires discontinues utilisées dans les autres micros. On pourrait également se demander quel serait le "son" d'un "pseudo CC", dont la lame servirait d'aimant, et non de simple pièce polaire. Je compte sur vous, lecteur, pour répondre à toutes ces questions, car pour les réponses, "j'ai déjà donné". Aucune, une seule, ou plusieurs découpes (en fonction de l'année de production) sont pratiquées dans la lame (ou barrette) servant de pièce polaire, pour ajuster le niveau sonore de chaque corde
A l'origine la bobine comportait 4000 tours de fil AWG#38, d'une résistance approximative de 4 kOhms (± 20%). Les premiers aimants étaient faits d'alliage fer-nickel, mais à partir de fin 1937, d'alliage fer-nickel-cobalt. |
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Ce brave Barney Kessel avait fait faire par Gibson, deux ES-350 custom made identiques, ornées chacune d'un superbe micro Charlie Christian et qu'il a traîné avec lui une bonne cinquantaine d'années, jusqu'à son récent décès. Pour se le procurer, des trésors d'astuces sont accumulées par les amoureux de ce micro. 1 - Mes folies: Pour ma part, j'ai acheté une Gibson vintage pour en récupérer le micro, et la revendre ensuite, munie d'une copie plus récente du fameux CC. Le superbe micro original est allé rejoindre une J5 de Jacobacci, construite spécialement à son attention. Sans compter la belle 175 CC achetée chez l'ami Hertz, et la merveilleuse ES-150 de 1938 que m'a cédée l'autre ami André Duchossoir, mais qui sont reparties depuis aux USA, à une époque de vaches maigres.
En revanche, vous pourrez éviter les copies malheureuses, telles celles-ci, qui ne correspondent que de loin au micro original:
4 - Quelques guitares de Patrice
5 - Et, en prime
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Tellement incomparables que Gibson a eu toute les peines du monde à faire presque aussi bien, avec ses premières Les Paul, et reste depuis, bien incapable de s'en approcher. Sic transit gloria mundi. Enfin, dans la série des "c'est le plus", c'est le micro le plus sensible aux perturbations extérieures, et mon ami Buggywooggie lui reproche même de faire "entendre le métro". PS: pour les bricolos du dimanche, j'ai concocté une page où figure un éclaté du micro en cours d'assemblage. Allez savoir pourquoi, cette page est dénommée agace.html. Il est à la fois triste et excitant de penser que la première guitare électrique populaire de l'histoire, ainsi que le premier micro, sont des réussites incomparables, seulement caricaturées par les matériels plus récents.Mais cette guitare est restée l'archétype de la guitare de jazz (pour moi, LA SEULE vraie guitare électrique), par opposition aux solid bodies, mieux adapées au rock et à la démesure faussement démagogique du marché de la musique. |
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