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Inédit (avril 2007): la "fenêtre de lecture" d'un micro!

et le "timbre" d'un micro.

(Voir également les autres pages sur les micros)

(Merci au site de Patrice Rabiller pour son efficace traceur de courbes)

Théorie - Theory

 

Avant propos et principe du point fixe:

Les études concernant la sonorité de micros publiés jusqu'à aujourd'hui (1er décembre 2007), sont basées sur une corde théorique:

  • infiniment souple,
  • de masse linéique µ constante et connue,
  • de longueur L (du sillet au chevalet), longueur de corde à vide, ou "diapason", connue,
  • soumise à une tension T, également connue,
  • appuyée, d'un côté sur une frette, et de l'autre côté sur le chevalet.

NB: la "corde théorique" est une simplification (parfaitement justifiée pour notre propos) de la corde réelle qui est en réalité, pour le mécanicien théorique, une poutre plus ou moins rigide, plus ou moins encastrée, et susceptible de vibrations plus ou moins "exotiques".

Les divers auteurs se sont alors acharnés à décrire les variations de la sonorité d'un micro, en fonction de la longueur active de la corde entre frettes et chevalet (hautement variable), sans se rendre compte qu'auditivement, le seul paramètre significatif sur la sonorité captée en un point était la distance x (immuable pour ce point) qui sépare ledit point du chevalet.

Il n'est donc pas étonnant qu'aucune des précédentes études n'aboutissent qu'à un échec, comme la simple expérience du musicien aurait du le pressentir.

Pourtant, la solution ne réside qu'en un changement de variable qui élimine la longueur de la corde frettée (code appuyée sur le chevalet ET une frette).
Au lieu de d'utiliser la position matérielle d'une frette, il suffit de considérer la longueur d'onde l de la note qu'elle détermine, à l'aide de la relation 2Lf0 = (T/µ)1/2= lf, caractéristique de la corde vibrante tendue, uniquement dépendante de la force de tension T appliquée et de la masse linéique µ de la corde.

On s'affranchit ainsi de la position matérielle d'une frette, en remplaçant:

  • des longueur physiques existantes, mais variables, et donc sans signification absolue:
    à savoir, les distances chevalet-frettes
  • par des longueurs théoriques, certes variables, mais hautement représentatives des notes à étudier:
    à savoir, les longueurs d'ondes, reportées à partir du seul point fixe immuable, le chevalet.

Pour étudier les vibrations correspondant à une note en un point situé à la distance x du chevalet, dans la suite de cette page, les paramètres de distances seront exprimés uniquement en fonction de:

  • la distance x mesurée à partir du chevalet,

  • de la longueur L de corde à vide,

  • de la fréquence f0 de la note à vide

  • de la longueur d'onde l de la note à étudier.

Définition de l'influence d'un élément de corde en un point:

Un élément de corde de longueur dx, plongé dans le champ magnétique d'un micro, acquière lui-même une aimantation, qui dépend:

  • du champ engendré par le micro,
  • du diamètre de la corde,
  • de la perméabilité magnétique du matériau constitutif de la-dite corde.

Cet élément peut être alors assimilé à un dipôle magnétique, dont les mouvements induisent un flux variable dans les bobinages du micro.

Malheureusement, un tel dipôle est très difficile à modéliser avec précision.

Cependant, il est légitime de supposer (avec d, symbole de la différentiation mathématique), qu'un tel élément, doté d'une vitesse v(x,t), induit une force électromotrice élémentaire de, proportionnelle à sa longueur dx et à sa vitesse v, ainsi qu'à un coefficient de proportionnalité k, ne dépendant que du champ au point x et de la nature (gèométrie et perméabilité) de la corde en ce point.

Un tel coefficient k répond alors à l'équation:

dekvdx

Par définition, on le nommera: coefficient d'influence de la corde sur le micro, au point considéré.

Définition de la fenêtre:

Les théories pullulent sur la variabilité de la sonorité des micros, en fonction de leur structure propre, et de leur emplacement sur la guitare.

Bien souvent, l'impédance du circuit équivalent au micro est invoquée comme déesse nourricière de sa sonorité. Des ouvrages entiers y ont été consacrés, pour arriver au mince résultat ... qu'un single coil "sonne" plus aigu qu'un humbucker.

C'est oublier que, dans le cas d'un ampli du commerce, dit "à haute impédance", le micro est bouclé sur une impédance quasi infinie. Alors, les impédances branchées "en série" deviennent négligeables, quand les impédances supposées "en parallèle" (comme des capacités de fuite localisées ou diffuses), deviennent prépondérantes, ... mais sont classiquement négligées.

La belle affaire. La prétendue mère nourricière n'était qu'une marâtre!

De même, on ne compte plus les études sur la variation de la sonorité liée à la localisation du micro sur un point particulier des cordes, sans production de résultats universellement consensuels.

Le point de fonctionnement n'était-il qu'un point d'interrogation?

J'émets donc une hypothèse peu ou pas évoquée dans la littérature: la sonorité ne serait-elle pas liée à la longueur de l'espace longitudinal capté par le micro, ou longueur utile de corde captée, que je nomme "fenêtre de lecture du micro".

On se rapproche alors de l'étude des effets de la forme du champ magnétique associé au micro, effets dont je soupçonne depuis longtemps l'action, sur la sonorité.

On remarquera ici que la fenêtre ainsi définie, peut éventuellement se confondre avec la largeur visible du micro, mais qu'elle peut en être totalement distincte.

Il s'agit en effet d'une fenêtre immatérielle, lieu où le micro est (plus ou moins régulièrement) sensible à une corde vivante métallique.

Une telle "fenêtre" serait même quantifiable, au moins relativement, par la mesure de la réaction du micro à un champ magnétique servant d'épreuve, par exemple, créé par un simple fil rectiligne parcouru par un courant connu et perpendiculaire aux cordes de la guitare.

Cas d'une note pure (voir: la corde vibrante théorique)

  • On désigne par "note pure", une note se résumant à sa fondamentale, sans aucun harmonique. C'est le cas des modes normaux ou fondamentaux, ou encore stationnaires. 
  • Le  cas général n'est pas oublié, car une note réelle, de fréquence f, peut toujours être considérée comme une somme infinie de telles notes pures, de fréquences f (la fondamentale), 2f, 3f etc. (les harmoniques), ajoutées avec chacune, sa phase et son intensité.
  • Ceci est valable mathématiquement (théorème de Fourier) et également physiquement, car expérimentalement, toute note peut effectivement être synthétisée (donc perçue auditivement) de cette façon, par émission simultanée de notes pures correctement choisies par le calcul résultant du théorème de Fourier.
  • La théorie des cordes vibrantes indique qu'alors, la corde vibre selon une sinusoïde variable en fonction de l'espace, elle-même variable en fonction du temps.

Force électromotrice induite:

A un instant t fixé, l'état de la corde émettant une note pure, ressemble au schéma suivant:

 

L est la longueur totale de la corde, l est la longueur d'onde de la note pure considérée, y est l'élongation de la corde à la distance x du chevalet.

Remarque: il s'agit d'appréhender toutes les notes possibles produites par une corde:

  • harmoniques,

  • notes physiquement frettées, ou avec noeud imposé, par exemple, par un doigt,

  • voire harmoniques d'un bruit quelconque extérieur.

On ne se préoccupe donc pas ici de savoir si la corde est frettée ou non, mais seulement de la description de son comportement à partir du chevalet (portion de gauche sur le schéma), et pour un note pure.

En conséquence, ne vous étonnez pas que l'extrémité de droite ne soit pas entièrement représentée, mais seulement suggérée, car alors seuls comptent:

  • Le point fixe du chevalet, seul point fixe commun à toutes les notes produites par la corde

  • la longueur d'onde l de la note, seule variable caractérisant chaque note

Alors, si f0 est la fréquence de la note à vide, E l'élongation maximale de la note pure considérée, et f sa fréquence:

y = E sin(2 xf/Lf0) (la longueur d'onde étant alors l = 2Lf0/f)

En fonction du temps t, l'élongation E(t)est elle-même une fonction sinusoïdale:

E = a sin(2 ft + φ)

Au total, on a, avec l'amplitude a et la phase φ de la note (voir la page concernant la corde théorique):

 y = a sin(2ft + φ) sin(2xf/Lf0)  

On en déduit la vitesse v à l'abscisse x:

 v = 2 fa cos(2 ft +φ) sin(2 xf/Lf0)

Pour simplifier  le problème, on peut alors supposer que la sensibilité k du micro, est constante dans toute sa fenêtre de lecture, de longueur utile de corde captée égale à 2X.

Alors, d'après la définition du coeffecient d'influence de la corde, un élément de corde de longueur dx, engendre une f.e.m. de, telle que:

dekvdx (avec d, symbole de la différentiation mathématique)

Remarque: k mesure la faculté d'un élément de corde de longueur dx à engendrer une f.e.m  dans le bobinage.
Cette faculté est nommée ici par convention "influence", mais aurais pu être baptisée "sensiblité".

d'où, pour un micro centré à distance moyenne d du chevalet:

e = kvdx (somme de x=d-X à x=d+X)  (avec , symbole d'intégration mathématique)

soit :

e = 2kfa cos(2 ft + φ)sin(2 fx/Lf0)dx (somme de x=d-X à x=d+X)

ou, après intégration le long de la fenêtre:

e = -kaLf0 cos(2 ft + φ){cos[2 f(d+X)/Lf0] - cos[2 f(d-X)/Lf0]}

Remarque: le coefficient d'influence k de la corde a été supposé constant, du moins dans un premier temps, sur toute la fenêtre de lecture.
Dans le cas le plus général ou
k = k(x) est  variable en fonction de x, d'après le théorème généralisé de la moyenne, il existe UNE valeur k0 (ou influence moyenne), prise parmis toutes les valeurs atteintes par k(x) dans l'intervale de la fenêtre, qui satisfait l'intégrale calculée (sous des conditions de continuité peu exigeantes).

 

Soit, enfin, tous calculs faits, l'équation fondamentale du micro:

  e = 2ak0Lf0 cos(2ft + φ) sin(2fd/Lf0) sin(2fX/Lf0)

Au total, la force électromotrice engendrée par le micro est proportionnelle:

  • à des paramètres attendus, a priori:

  1. la cause elle même:
     a
    cos(2
    ft + φ), vibration génératrice de la note, en fonction du temps, retransmise au micro sans changement de fréquence, ni déphasage, ce qui assure également la retransmission des transitoires,

  2. un paramètre électromagnétique de la corde:
     k0
    , "coefficient d'influence moyen de la corde" sur le micro, valeur de k(x) en un certain point x0, à choisir dans la fenêtre de lecture, évidemment dépendant de la faculté de la corde à s'aimanter localement,

  3. un parmètre de la corde, d'origine purement mécanique:
    2Lf0 = (T/µ)1/2= lf, caractéristique de la corde tendue, uniquement dépendante de la force de tension T appliquée et de la masse linéique µ de la corde, apparu consécutivement à l'intégration le long de la fenêtre de lecture, et indépendant de la fréquence et du micro

  • mais aussi à des valeurs et des "intriquations" plus inattendues, mais fortement prévisibles par le guitariste expérimenté:

  • sin(2fd/Lf0), dépendant de la distance moyenne d, entre chevalet et micro

  • sin(2fX/Lf0), dépendant de la longueur 2X de la fenêtre de lecture

  • en revanche, la f.e.m. décrite reste totalement indépendante des frettes, utilisées ou non.

La valeur sin(2fd/Lf0) indique un affaiblissement marqué, voire une annulation totale du signal capté, aux voisinnages de: 2fd/Lf0 =  n,

Soit des fréquences de réjection: f = n Lf0/2d (où n est un entier arbitraire positif)

1 - Au voisinnage de  fLf0 n/2d (pour tout n, entier positif), les fréquences captées sont donc affaiblies, voire ignorées, pour un micro centré à la distance d du chevalet.

Le même raisonnement, appliqué à sin(2fX/Lf0), donne la règle:

2 - Au voisinnage de  fLf0 n/2X (pour tout n, entier positif), les fréquences captées sont donc affaiblies, voire ignorées, pour un micro ayant une longueur de fenêtre de lecture égale à 2X

On remarquera que, les distances d et X étant plus courtes (par construction) que la longueur d'onde la plus courte parmis les notes frettées, les fréquences f concernées sont plus hautes que fM, la fondamentale frettée la plus haute.

3 - Ces fréquences de réjection correspondent éventuellement:

  • à des harmoniques d'une note frettée,

  • voire, à des simples bruits,

    mais, en aucun cas, à la fondamentale d'une note frettée.

  •    Haut de page

    En pratique - Practical

     

    1 - Pour une note donnée:

    Alors,

    • pour une intensité a donnée de la note génératrice,

    • pour une valeur donnée k=k0 de l'infuence moyenne de la corde

    • pour une corde de masse linéique et de tension connues

    , la tension de sortie du micro est proportionnelle à:

    e/emaxi = sin(2fd/Lf0)sin(2fX/Lf0)

    • Comme on pouvait s'y attendre, cette étude confirme le rôle de la situation moyenne du micro (distance d) par rapport au chevalet et en donne même une évaluation de la modulation, proportionnlle à sin(2fd/Lf0).

      En particulier, sont filtrés, la fréquence f1 = Lf0/2d, ainsi que ses harmoniques n Lf0/2d

       

    • Comme je m'y attendais, contrairement aux auteurs conventionnels, elle confirme également le rôle de la topologie du champ magnétique du micro, caractérisé par sa "fenêtre de lecture" de longeur 2X. L'évaluation de ce rôle sur la sonorité est du même type: sin(2fX/Lf0)

    En particulier, sont filtrés, la fréquence f2 = Lf0/2X, ainsi que ses harmoniques n Lf0/2X

    • De plus, sauf cas extrême, si fM est la fréquence de la plus haute note frettée, par construction, on a généralement:

    X<d<L soit f0<fM< f1 < f2

    2 - Par exemple:

    Les exemples ont été transcrits sur une nouvelle page, pour alléger celle-ci, déjà assez lourde.

    3 - Le "timbre" d'un micro:

    Mais on peut déjà constater que le phénomène ici décrit, est caractéristique d'un "timbre" sonore, apllicable à tous les sons engendrés par les vibrations de la corde, et non celle d'un simple filtre, comme le constitue l'impédance électrique du même micro.

    En particulier, pour peu que la fenêtre ne change pas d'une corde à l'autre, ce timbre reste identique pour les six cordes de la guitare, ainsi que pour toutes les notes et harmoniques.

    ll affecte également l'ensemble des transitoires de chaque notes, ainsi que les bruits éventuellement captés.

     Il est donc clairement établi ici que la sonorité d'un micro ne dépend uniquement que de deux pramètres topologiques:

    • sa position par rapport au chevalet

    • sa longueur de fenêtre de lecture.

     

    CQFD

    ....A suivre.

    En particulier, il sera intéresant de comparer le résultats pour un micro en positions dites "de Curbillon", "de Vendramini" et intermédiaire.

       Haut de page

    Poil à gratter - Itching powder

     

    •  Le moindre sera que tout ce qui a été écrit jusqu'à présent, et qui ignore les deux paramètres caractéristiques (pour mon oreille et confirmés ici par raisonnement) , n'est qu'une collection d'incantations stériles.

    •  Mais le pire est la réaction du lecteur, candide, mais pugnace:

    Je cite le dialogue épique, dans toute sa crudité édifiante:

    "Hé, Monsieur le beau parleur, Monsieur le prétentieux, vous prétendez qu'un "humbucker" sonne comme un "single coil", que la nature des aimants, des pièces polaires, du fil, des bobines etc., n'a aucun rôle dans la sonorité d'un micro?
    Vous vous payez ma tête, Monsieur l'emberlificoteur!"

    "Que nenni, Monsieur le lecteur adoré, mais légitiment rétif!
    Je dis seulement que, dans le cas d'un micro à influence constante dans toute sa fenêtre de lecture, je sais calculer sa tension de sortie et son allure générale en fonction de la fréquence.
    Mais c'est une approche simplifiée.
    Dans le cas le plus complexe d'un micro réel, il me suffirait de mesurer l'influence d'une corde point par point grâce à la corde artificielle, pour en faire de même".

    "Et je dis également que la conclusion en sera identique, les différences de construction du circuit magnétique (aimants et pièces polaire), ainsi que les variantes dans les bobines, entrant dans la notion de rendement mesuré point par point". 

    Fin de citation

    Quand à l'impédance électrique, son rôle sera confondu avec celui de l'électronique embarquée, rôle donc "secondaire", mis à part les ventuelles capacités de fuite (localisées ou diffuses). Enfin, seuls les différents "bruits" non provenant des cordes, tels ceux qui proviendraient des mouvements de spires plus ou moins jointives, de mouvements ou de chocs sur le micro, ne sont pas concernés par cet étude.

    Attendez-vous donc au pire.
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    Mise à jour, par Jean-Pierre "lbop" Bourgeois, Ingénieur-conseil ©
     

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