Sans frame
No frame

Plan du site
To index page

Tous mes sites
To all my Web sites

Choose your language:

(Traductor, traidor!)

Le jazz: binaire ou ternaire?

Promouvoir cette page sur Google

 

 

Avertissement - Warning

Vous avez dit "religion" ?

Vous avez dit LE mot qui fâche.

Eclairé par l'actualité, je réponds "refus de l'intégrisme et des sentiers battus par les conventions".

J'ai en effet, et à plusieurs reprises, reçu des mails émanant de dévots intégristes, apparemment indignés qu'on puisse émettre des suggestions contraires à la doctrine officiellement admise par la rumeur ambiante, selon laquelle une musique se doit d'être:

Si ces ayatollahs savaient couramment lire, ils verraient que j'emploie volontiers la marque du conditionnel et que ma conclusion provisoire se termine par: Quoi-que ? A suivre, donc.

Que ces bien-pensants moutonniers se rassurent:

Qu'ils me lisent, puisqu'ils ne peuvent pas s'empêcher de le faire ... pour s'instruire, je suppose.

Mais, si j'attends des avis structurés pour régler mon opinion définitive, que ces fanatiques ne comptent pas sur moi pour relever le gant de leurs déclarations de "guerre de religion".

Il faut même pardonner leur mauvaise humeur, exacerbée par le fait avéré que je semble me moquer d'eux: en fait, je ne semble pas.

De pus, leur mauvaise foi reste un joyeux encouragement à affûter la mienne.

Mieux, je les remercie de leurs insultes, dont la virulence infondée démontre indirectement .... que j'ai (au moins en partie) raison.

Théorie - Theory

  Sur le cul!

Je suis tombé sur le cul, un soir de 1968, où un "musicos" s'était joint à nous pour boeuffer, et a déclaré:"et si on jouait binaire"???

Et lui d'entamer une "scie musicale" du moment, qui s'accompagne usuellement d'un "boum, boum, boum" prétendu à la mode (de 1968).

Apparemment, la musique n'était donc plus ce qu'elle était avant 1968: il y aurait désormais une vieille musique "tchac-tadac" (ternaire) et une musique moderne (sic), la musique "boum-boum" (binaire).

C'est état d'esprit est confirmé par une croyance sectaire très "tendance", qui affirme que jazz et blues seraient "ternaires" (sic).

Ce qu'en dit ce brave vieux A. Danhauser.

La référence est souvent la sempiternelle "Théorie de la Musique" (Copyright 1929, by Henri Lemoine et Cie), qui traîne dans les coins poussiéreux de tout conservatoire digne de ce nom.

Malgré son âge respectable et les conneries qu'on peut y trouver, l'ouvrage reste une référence pour la théorie musicale (du moins, celle qui s'écrit et se lit sur une portée).

Trois types de mesures y sont distinguées:

  • les mesures simples, ou chaque temps est divisible par deux (dits temps binaires), par exemple les mesures 2/4, 3/4, 4/4 ou 4/1 etc.
  • les mesures composées, ou chaque temps est divisible par trois (dits temps ternaires), par exemple les mesures 6/8, 9/8 ou 12/8
  • par extension, les mesures à 5 ou 7 temps (voire plus), qui peuvent être considérées comme des combinaisons de deux premières
   

En pratique - Practical

  Règles générale:

Sur les 8 à 10 000 partitions de blues et de jazz que je possède, 99% s'écrivent en 4/4 (ou C) ou 2/4, voire en 3/4, et le reste en 5/4 ou 6/8, 5/4 ou 7/4, voire en 12/8.

J'en déduit que, conformément à ce qu'entend mon oreille,  la plupart du temps, blues et jazz, rock, funk, jazz-rock, et leurs marmailles font partie de la musique binaire.

A la rigueur, on peut seulement dire que le batteur de jazz y découpe généralement son rythme en 1-1/2-1/2 (le tchac-tadac ou le cha-bada), ce qui n'est cependant pas divisible par trois, donc non ternaire.

Alors que le batteur "non jazz" délivre (même sur la même musique de base) un "boum-boum" bien carré.

Des exemples:

Evidemment, je parle d'une même musique, qui peut se classer différemment selon l'interprétation du musicien ou ... du massacreur.

Par exemple, parmi les plus connus:

  • mes oreilles entendent comme binaire, l'interprétation d'un morceau en 4/4 tel que "So What", par Miles Davis,
  • ou celle de West Coast Blues, par Wes Montgomery, malgré une écriture en 3/4,
  • mais quand le guitariste (sic) Ronny Jordan joue le même "So What", j'entends une valse musette ou une bourrée auvergnate.

Qu'on se console, Ronny ne fait pas de jazz, mais de la musique de cirque ou d'ascenseur.

   

Poil à gratter - Itching powder

  Parmi les conneries, on peut lire chez Danhauser:

"La musique est l'art des sons. Elle s'écrit et se lit aussi facilement qu'on lit et écrit les paroles que nous prononçons"

Heureusement, à part ce genre de digression ridicule, on peut se fier au reste.

Rassurez-vous donc, aucune baguette magique n'a ajouté un temps au blues, au funk, au rock, ni au jazz.

"Musique binaire" est seulement l'abréviation utilisée par les incultes pour signifier: "musique qui fait boum-boum et non tchac-tadac".

Ouf, on respire.

Merci bon docteur lbop.

Cependant, une fois publiée, cette page à soulevé un tollé d'indignations, dans mon courrier et sur les listes de diffusion.

D'après mes contradicteurs, ce ne serait pas le nombre de temps qui compte, mais la division de la noire.

1 - On peut même trouver, sur la page bien ficelée  http://tambours.free.fr/topos/solfege.htm , ces propos édifiants:

(Je cite):

PARTICULARITE DE LA NOTATION JAZZ ET INTERPRETATION

Le plus souvent on rencontre des partitions de jazz écrites en binaire qu'il faut retranscrire (mentalement) en ternaire.

Exemple 10 : exemple10.gif (1390 octets)

D'après l'ouvrage "La partition intérieure" de Jacques Siron, l'utilisation de cette convention permet d'éviter une écriture trop lourde.

L'avantage est de n'avoir qu'une seule notation pour deux interprétations possibles d'un même morceau.
En effet, certains morceaux jazz peuvent être "pensés" en ternaire ou en binaire :

Exemple 11 : exemple11.gif (1733 octets)

Certains phrasés sont même entre les deux : ni une croche ternaire, ni une double croche binaire, mais un "Phrasé Trinaire" selon le mot-valise forgé par Aldo Romano.

(Fin de citation)

Bien vu, l'aveugle!

2 - Un autre handicapé soutient mordicus sur http://www.beswing.fr/styles_principes_jazz.php , que (je cite) "La rythmique du jazz binaire, jazz rock par exemple, reprend le même principe solfégique que la musique classique : Il y a deux croches dans une noire et chaque croche dure 50% du temps de la noire. La rythmique du jazz swing, ou ternaire, impose à ces deux croches un rythme inégal. La première dure les deux premiers tiers du temps de la noire, et la deuxième le dernier tiers. Si deux croches en binaire dure "50 - 50", en ternaire cela fait "66 - 33". Avec le style "swing" c'est souvent la croche la plus courte, (celle qui dure 33% du temps de la noire) qui est accentuée"(fin de citation).

3 - Heureusement, il ajoute (je cite): "Il est à noter que plus le tempo (la vitesse) d'un morceau jazz est rapide, plus les croches sont jouées de façon "égale", c'est à dire en se rapprochant d'une durée de "50 - 50". De façon générale le style jazz binaire est plus récent. Les musiciens de jazz actuels composent et improvisent assez souvent avec un feeling binaire. Cette façon de jouer n'exclue pas ce que l'on appelle le "groove", c'est à dire cette énergie dynamique qui entraîne ou "pousse" la phrase musicale vers l'avant" (fin de citation).

Bien entendu, le sourd!

Cependant, permettez-moi d'émettre un doute sur le jazz prétendu ternaire:

Tel auteur considère comme ternaire, une division particulière (mais arbitraire) de la noire, et tel autre, sa propre division (également arbitraire).
De sorte que la dichotomie "binaire/ternaire" semble bien floue et totalement subjective.

Cependant, il y a la chose écrite, ET la chose effectivement jouée, ET la chose perçue.
Et les trois peuvent très bien être totalement différentes, malgré l'illusion de conformité qu'en ont éventuellement, le scripteur, l'interprète, et l'auditeur.

En ce sens , le seul interprète impartial et incorruptible serait la machine, jouant sans parti pris une même partition, écrite par exemple sous forme midi.
Autre piste technique, la trace d'un oscilloscope pourrait assurer ou infirmer la pertinence des déclarations des plus teigneux dans le domaine de l'adéquation entre partition et réalité sonore.

On pourrait alors objectivement comparer le résultat des écritures, supposées binaires, ternaires ou trinaires (voire "adéquation et réversibilité" des fichiers midi)

Sans intervention impartiale de la machine, le jugement final ne serait-il qu'une manifestation religieuse particulière, parmi d'autres possibles ?

Rendez-vous a été pris avec un juge de paix irréfutable: un fichier midi singeant l'ère du be-bop, qui possède l'avantage didactique d'être (presque) bien écrit, et de permettre à la fois d'écouter la musique et lire la partition (du moins pour les possesseurs d'un logiciel ad hoc).

Je vous le livre tout cru, à écouter, réécouter (ou lire):

NB: pour les sourcilleux et les puristes, le "presque bien écrit" fait référence au fait qu'il s'agit d'une approximation (voire d'une caricature) du jeu d'un instrumentiste digne de ce nom.
Mais, en pratique, ce ne sont jamais eux qui écrivent les fichiers midi.

Quand à la partition qui a créé le morceau écouté, scrupuleusement, impartialement et servilement jouée par la machine, vous pouvez en lire un pdf ici:

Bilie's Bounce.pdf

Et bien, qui l'eut cuit, qui l'eut cru, il semblerait bien que ce que vous écoutez soit binaire.

Dans ce cas, et jusqu'à nouvel ordre, vous m'autoriserez à jurer haut et fort que, sauf exception sautillante, généralement désignée par les termes "style swing" (sic) ou "shuffle" (re-sic):

Depuis Charlie Parker, le jazz est binaire!

De même que blues, funk, rock et consorts!

Quoi-que ??? A suivre, donc!


Et le swing dans tout ça ?

And what about swing?

  Hé hé hé, je vous entends d'ici: et le swing dans tout ça, que faites-vous du swing, Monsieur le prétentieux ?

Ne vous fâchez pas trop tôt, Monsieur le lecteur irascible

Effectivement, si je l'entends et espère le faire ressortir de mon jeu, j'évite soigneusement de disséquer ce diable de swing par écrit, parole ou même pensée.

L'expérience montre en effet que le swing résiste à toute analyse rationnelle, devant laquelle il s'enfuit comme une ombre que l'on voudrait éclairer.

En fait, c'est une sensibilité d'ordre culturel, un parfum subtil, un arôme de haute cuisine artistique, un équivalent de l'inconscient freudien (la très lacaniennes "parole de l'autre").

Il module la micro-rythmique de façon instinctive et formellement inconsciente du musicien, qui ne se préoccupe que du résultat perçu, et pas de sa cause.

En ce sens, il est hors de question qu'une machine pilotée par logiciel puisse swinguer.

On "sent" un parfum.

Il existe donc.

... mais il est volatile.

Certains ce sont même dangereusement autorisés à écrire que le grand Mozart swinguait!!!

D'autres ce sont imprudemment essayé à faire swinguer Bach.

Rassérénez-vous donc, ô intégristes sourcilleux: sur cette page, il s'agit uniquement d'un vague essai de molle théorie musicale. Mais il ne s'agit certainement pas de swing qui, tout comme l'amour, "flotte dans l'air à la ronde".

  • Comme Laurent Cugny dans sa "deuxième approche du swing" (Analyser le Jazz, éditions Outre Mesure, page 268), je pense que mon approche (je cite) "serait descriptive, mais non assignable à des événements précisément identifiables. Le swing serait un balancement, une bascule vers l'avant.
    Pour André Hoder:
    Tout se passe comme si l'absence éventuelle de cette particule, de ce méson, de ce neutrino influait sur la psychologie de l'auditeur au point de lui ôter tout plaisir d'écoute: il y aurait là, si elle était nécessaire, un preuve par la négative de l'existence du swing
    " (fin de citation).

  • Citons également Jacques Siron (La partition Intérieure, éditions Outre Mesure, page 152), (je cite) "Les musiciens de jazz, qui sont si sensibles à l'expression et à la sensation du rythme et du swing, sont souvent peu bavards pour en parler avec précision. Autant ils peuvent discuter facilement de conceptions harmoniques, autant ils attribuent souvent des qualités exclusivement instinctives au rythme: le rythme et le swing se vivent, ils ne s'expliquent pas" (fin de citation).

En définitive, le swing ne se définirait que par reflet de son absence (merci de remarquer la marque du conditionnel), et par conséquence:

  • ne s'écrirait pas,
  • ne se décrirait pas précisément,
  • n'accepterait que des métaphores, comme l'inconscient humain.

Et encore plus:

  • ne serait, ni binaire, ni ternaire,
  • ni "figue moisie", ni "rainsin vert",
  • ni blues, ni jazz, ni rock,
  • ni Robert Johnson, ni Ray charles,
  • ni Satchmo, ni Charlie Parker, ni Chuck Berry
  • ni hot, ni cool,
  • ni Count Basie, ni Duke Ellington,
  • ni Stones, ni Beatles,
  • ni samba, ni bossa nova,
  • ni gros ka, ni zouk,
  • ni gwoka, ni biguine,
  • ni chacha, ni salsa,
  • ni propre ni impropre à aucune étiquettte musicale particulière.
  • ni tambour, ni trompette,
  • ... j'en passe, et des meilleures.

C'est le "swing", et consorts: le "feeling", le "soul spirit", le "groove", le "funk", le "ça le fait", le "toucher" du musicien classique, ... etc!

Ou bien il est tristement absent, ou bien il est joyeusement là.

Serait-il la trace ultime, mais insaisissable, de LA musique ?

Avez-vous aimé ce site ? Désirez-vous le recommander à un ami ?

Haut de page


Mise à jour, par Jean-Pierre "lbop" Bourgeois, Ingénieur-conseil ©
 

 Page réalisée sur Mac , et vérifiée avec Firefox, Mac et PC Firefox 2