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Quelques questions bien embarrassantes concernant une
guitare électrique écoutée "en direct", ou
relayée par son "ampli" :
Je vous entends d'ici, beaux parleurs que vous êtes: chaîne HI-FI et écouteurs sont de trop bonne qualité pour recréer les distorsions qui "habillent" traditionnellement la sonorité de la guitare électrique. Et Carlos Santana a choisi la légitime option "cosmétique", par opposition à l'aspect "son naturel" (sic) de la guitare. Enfin, une guitare légère sonne mieux car, généralement, ses colles y sont sèches et stabilisées, enfin, gros couyon, ta guitare conserve sa lutherie même si tu en changes l'électronique embarquée, et bla bla bla... ... Mmmouais! Vous n'avez pas entièrement tort, et ça pourrait être convainquant pour ma concierge ou mon percepteur. Je me suis moi-même, très sérieusement, copieusement servi ces fadaises, ... en un temps.
Évidemment, il s'ensuivrait que les inertes (et hors de prix) PRS ne seraient que des "pelles", et que Carlos Santana serait une "brelle" musicale (mais un génie commercial). Surtout, ne le répétez pas, il sont déjà tombés assez bas, malgré les (ou "à cause des") Awards. Enfin, the last but not the least: je suis intimement persuadé que la personnalité réelle de l'instrument guitare-ampli, réside dans un feedback que je ressens avec de "bons" instruments, ... et pas du tout avec les "mauvais"). Une bonne nouvelle pour les courageux qui sont arrivés jusque là: la direction ne reculant devant aucun sacrifice, nous allons enfin dévoiler à vos yeux ébahis ce qu'est réellement ce mystérieux acteur de l'ombre, ce "Troisième Homme" du film, j'ai nommé ... le "feedback"! |
Rencontre du troisième type!
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Pour commencer, je vous présente le couple vedette
de ces pages, l'instrument de musique, ici dénommé
guitare-ampli, duo indissociable d'époux mariés "pour
le meilleur et pour le pire".
Ensuite, vient le "Larsen", le Mister Hide
du bon Doctor Jeckyl qu'est le "feedback".
A na pas confondre avec Larsen ... Lupin (bon, OK,... je ne le referai plus), l'effet Larsen (du nom du physicien danois Søren Larsen 1871-1957) est un destructeur de ménage, redoutable pour le couple guitare-ampli, qui peut, fort heureusement, souvent être évité. En revanche, le gentil feedback, ou "réaction acoustique pondérée", souvent confondu avec le méchant Larsen, est un Larsen domestiqué qui n'affecte pas de manière dommageable la fameuse guitare-ampli. Tout au contraire, depuis des musiciens inspirés comme Jimi Hendrix, le feedback est utilisé avec bonheur dans certaines formes de musique, voire, fait même partie intégrante de leur jeu, les musiciens "jouant" alors du feedback, comme d'autres jouent du médiator, parfois jusqu'à la limite de "l'accrochage larsenien".
Comme un gigolot efficace, mais discret, il transforme
le couple guitare-ampli en un trio digne du théâtre
populaire:
Plus modestement, pour des guitaristes pratiquant le Jazz, comme moi, la sonorité, qu'on l'admette ou non, prend toute son épaisseur (sa dimension non "fluette"), dans l'appui sur un feedback totalement provoqué et contrôlé. Ainsi j'expliquerais le "gros son" des guitaristes, qui peut être obtenu d'instruments d'apparence fluette, comme la Gibson ES 140, modèle réduit de la ES 175 (ou de la L4), mais qui n'a rien à lui envier, du côté puissance apparente. Enfin, cette théorie ne serait que ce quelle est, sans méthodes de mesure du méconnu feedback. |
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Mais comment échapper au monstrueux Larsen? Tout d'abord, il n'est monstrueux que si on ne veut absolument pas avoir affaire à lui. En langage de preneur de son, si on ne veut "pas d'accrochages" avec lui.
Certains l'invoquent même sciemment, dans des cérémonies
de magie noire populaires, en pratiquant, par exemple
la "note perpétuelle", note qui ne s'achève
que par volonté délibérée du célébrant d'y mettre fin.
Ensuite, il faut connaître les chemins tortueux qu'il emprunte pour se manifester. En dehors d'un niveau sonore général trop élevé, on peut signaler:
La règle principale est... qu'il n' y a pas de règle
absolue.
Généralement, si ampli et guitare ne sont pas incompatibles, une simple modification des positions relatives du matériel ou des postures du musicien, suffit à éviter le désastre sans autre artifice.
Pour ma part, avec strictement le même matériel, j'arrive
à éviter tout Larsen alors que d'autres pataugent dans
les hurlements.
En ce sens, acoustique amplifiée, "solid body" ou ES (Electric Spanish) "à la Gibson", me sont indifférentes si elles permettent de ressentir le vent dense du feedback, jusque dans le corps de la guitare et même ... dans mon ventre. A titre d'exemple, j'ai eu simultanément, une Charlie Christian 1938 et une Les Paul PAF 1957 qui donnaient la même sensation de "jouer toutes seules", ... pourvu que je "remue les doigts" pas trop maladroitement. Sans pouvoir en donner une démonstration proprement dite, j'affirme que leur qualité commune était due à leur extrême sensibilité au feedback contrôlé. Ces merveilles, dont les valeurs pécuniaires ajoutées correspondaient au prix d'une petite maison de campagne, ont du retourner aux USA (et depuis, je vis ... à la campagne).
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Allons un peu plus loin, pour bousculer les habitudes
de pensée.
On se doit de considérer le feedback comme un caractère inhérent à la "guitare-ampli", et qui définit le mieux son essence par rapport aux autres instruments (à part de rares exceptions, comme son proche cousin, le violon électrique). C'est lui qui habille somptueusement votre pudique "guitare-ampli" qui, en son absence, se présenterait bien nue, frigorifiée et honteuse au public. De plus, certaine guitares s'en trouvent totalement disqualifiées, comme la Paul Reed Smith (PRS), qui sont ravalées au rang des planches, certes très belles et chères, mais inertes comme femmes frigides, la vie en étant seulement suggérée par l'électronique pléthorique qui suit "tant bien que mal".
Mais je crains fort que les preneurs de son sourds,
de plus en plus à la solde des affairistes du "froid
business", oublient, par facilité ou incompétence,
de retransmettre cette chose fragile aux disques et
aux spectateurs du "direct-live" (sic) honteusement
trafiqué par leur sonorisation. Ils se transformeraient
alors insensiblement, de preneurs de son en preneurs
(au sens de voleurs) de musique, au risque de faire
perdre à la tradition "acousmatique" le souvenir
même du feedback.
Un dernier, teesonnier (de l'anglais "to teese", agacer): la réponse finale d'une guitare électrique, fut-elle "solid body", DOIT être tout d'abord évaluée ... NON BRANCHEE. Un peut d'habitude permet de juger à l'avance (en fonction sa réponse vibratoire impulsionnelle) son comportement au feedback, une fois branchée.
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