Sans frame
No frame

Plan du site
To index page

Tous mes sites
To all my Web sites

Choose your language:

Google translator

(Traductor, traidor!)

L'angoisse est totale dans les chaumières, la rencontre du troisième type se précise:

le "troisième homme", le mystérieux "feedback",  ... a frappé à la porte!

The Harry Lime Theme



Des questions - une seule réponse!

  Quelques questions bien embarrassantes concernant une guitare électrique écoutée "en direct", ou relayée par son "ampli" :
  • pourquoi une guitare électrique semble-t-elle fade au  guitariste qui s'écoute au travers de seuls écouteurs, fussent-ils ultrasophistiqués?
  • pourquoi cette même guitare sonne-t-elle "étriquée" pour des auditeurs qui l'écoutent, sans effet ajouté au travers d'une chaîne "hi-fi" prestigieuse?
  • pourquoi cette même guitare, raccordée à son ampli dédié, sonne-t-elle tout à fait convenablement, retransmise par les mêmes medias jugés néfastes précédemment?
  • pourquoi Santana, armé de sa guitare de marque PRS, se présente-t-il protégé d'une épaisse armure de compresseurs, flangers, "réverbs" et autres pédales d'effets ?
  • pourquoi une guitare plus légère (toutes choses égales d'ailleurs) "sonne" toujours mieux qu'une lourde?
  • pourquoi ma guitare garde "sa sonorité", même quand j'ai échangé mes "single coils" par des PAF originaux?

Je vous entends d'ici, beaux parleurs que vous êtes: chaîne HI-FI et écouteurs sont de trop bonne qualité pour recréer les distorsions qui "habillent" traditionnellement la sonorité de la guitare électrique. Et Carlos Santana a choisi la légitime option "cosmétique", par opposition à l'aspect "son naturel" (sic) de la guitare. Enfin, une guitare légère sonne mieux car, généralement, ses colles y sont sèches et stabilisées, enfin, gros couillon, ta guitare conserve sa lutherie même si tu en changes l'électronique embarquée, et bla bla bla...

... Mmmouais! Vous n'avez pas entièrement tort, et ça pourrait être convainquant pour ma concierge ou mon percepteur. Je me suis moi-même, très sérieusement, copieusement servi ces fadaises, ... en un temps.

Mais, pauvres marionnettes, jusqu'ici innocentes victimes du "bien penser" ambiant, avez-vous songé au feedback, ce "Larsen" du riche, le troisième personnage qui complète et enrichit le couple guitare-ampli, et tire finalement nos candides ficelles?

Il expliquerait bien,

  • par son absence, les défauts constatés auditivement dans des artefacts réputés être à "haute-fidélité (re-sic), et,
     

  • par sa présence, la sonorité jugée agréable d'une guitare "correctement" amplifiée où celle, parfois exceptionnelle de certaines "vintages", légères et hautement convoitées.

Qui plus est, la stabilité sonore d'une lutherie, affectée uniquement d'une variante électronique, pourrait venir de la stabilité de la réponse de sa seule lutherie au dit feedback.

Evidemment, il s'ensuivrait que les inertes (et hors de prix) PRS ne seraient que des "pelles", et que Carlos Santana serait une "brelle" musicale (mais un génie commercial).
Surtout, ne le répétez pas, Santana et PRS sont déjà tombés assez bas, malgré les (ou "à cause des") Awards.

Enfin, the last but not the least: je suis intimement persuadé que la personnalité réelle de l'instrument guitare-ampli, réside dans un feedback que je ressens avec de "bons" instruments, ... et pas du tout avec les "mauvais".

Une bonne nouvelle pour les courageux qui sont arrivés jusque là: la direction ne reculant devant aucun sacrifice, nous allons enfin dévoiler à vos yeux ébahis ce qu'est réellement ce mystérieux acteur de l'ombre, ce "Troisième Homme" du film, j'ai nommé ... le "feedback"!

Théorie - Theory

 
Rencontre du troisième type!

Pour commencer, je vous présente le couple vedette de ces pages, l'instrument de musique, ici dénommé guitare-ampli, duo indissociable d'époux mariés "pour le meilleur et pour le pire".

Ensuite, vient le "Larsen", le Mister Hyde du bon Doctor Jeckyl qu'est le "feedback".
Cet horrible effet Larsen résulte de la réinjection mal contrôlée du signal acoustique issu des hauts parleurs, dans le récepteur que constituent (très faiblement) les cordes et (bien plus) le corps, celles-ci faisant à leur tour vibrer les hauts parleurs dans un cycle diabolique. D'où un hurlement d'agonie de la malheureuse guitare-ampli atteinte du pernicieux virus Larsen, hurlement qui pétrifie le guitariste et glace d'horreur les auditeurs. Ce phénomène à caractère catastrophique, n'est limité que par saturation de l'ampli ou ... carrément le dé-branchage en panique de la guitare ou de la prise de courant.

A na pas confondre avec Larsen ... Lupin (bon, OK,... je ne le referai plus), l'effet Larsen (du nom du physicien danois Séren Larsen 1871-1957) est un destructeur de ménage, redoutable pour le couple guitare-ampli, qui peut, fort heureusement, souvent être évité.

En revanche, le gentil feedback, ou "réaction acoustique pondérée", souvent confondu avec le méchant Larsen, est un Larsen domestiqué qui n'affecte pas de manière dommageable la fameuse guitare-ampli.

Tout au contraire, depuis des musiciens inspirés comme Jimi Hendrix, le feedback est utilisé avec bonheur dans certaines formes de musique, voire, fait même partie intégrante de leur jeu, les musiciens "jouant" alors du feedback, comme d'autres jouent du médiator, parfois jusqu'à la limite de "l'accrochage larsenien".

Comme un gigolo efficace, mais discret, il transforme le couple guitare-ampli en un trio digne du théâtre populaire:
j'ai nommé le trio de "la femme, le mari et l'amant" ou, mieux ici, le trio guitare-ampli-feedback, qui enrichit le répertoire musical. Et chacun sait que l'amant rassemble encore mieux le couple théâtral.

Plus modestement, pour des guitaristes pratiquant le Jazz, comme moi, la sonorité, qu'on l'admette ou non, prend toute son épaisseur (sa dimension non "fluette"), dans l'appui sur un feedback totalement provoqué et contrôlé.

Ainsi j'expliquerais le "gros son" des guitaristes, qui peut être obtenu d'instruments d'apparence fluette, comme la Gibson ES 140, modèle réduit de la ES 175 (ou de la L4), mais qui n'a rien à lui envier du côté puissance apparente.

Enfin, cette théorie ne serait que ce quelle est, sans méthodes de mesure du méconnu feedback.

Lampes versus transistors: la microphonie

On a vu que les lampes, utilisant une excursion de voltage fréquemment de l’ordre de 250 volts, voire beaucoup plus, admettaient une dynamique bien supérieure aux transistors, typiquement bornés à des tensions d'alimentation de l'ordre de 40 volts.

Mais il faut ajouter une autre qualité (ou défaut, selon la virtuosité du concepteur d'amplis), propre aux tubes: leur microphonie.

Il s'agit d'une propriété générale, plus particulièrement propre aux tubes des préamplis, qui fait qu'ils sont mécaniquement sensibles aux ondes acoustiques produites. Ils se comportent donc comme des embryons de microphones, créés par la vibration mécanique des électrodes, en particulier des grilles.
NB: il est facile de le vérifier en tapotant légèrement un tube de préampli.

On a donc affaire à un type particulier de feedback, qui réinjecte une partie du signal de sortie dans l'entrée de l'ampli.

Comme tout feedback, il peut se révéler bénéfique ou désastreux en fonction de l'habileté à le contrôler.

Dans le cas favorable, il apporte le "je ne sais quoi" d'agrément qui fait que le guitaristes restent très souvent fidèles aux lampes.

A son désavantage, cette microphonie reste très sensible à la technologie et donc aux marques des lampes employées.


En pratique - Practical

Mais comment échapper au monstrueux Larsen ?

 

Tout d'abord, il n'est monstrueux que si on ne veut absolument pas avoir affaire à lui. En langage de preneur (voleur) de son, si on ne veut "pas d'accrochages" avec lui.

Certains l'invoquent même sciemment, dans des cérémonies de magie noire populaires, en pratiquant, par exemple la "note perpétuelle", note qui ne s'achéve que par volonté délibérée du célébrant d'y mettre fin.
Généralement contrôlée par compression du signal d'entrée du préampli pour obtenir un niveau sonore constant et non destructeur, cette "note perpétuelle" se présente accompagnée de scènes de torture (appelées innocemment "distorsion"), dans ces messes noires que les adeptes désignent par le nom bucolique de "concerts de rock".

Ensuite, il faut connaître les chemins tortueux qu'il emprunte pour se manifester.

En dehors d'un niveau sonore général trop élevé, on peut signaler:

  • les résonances ponctuelles de la guitare sur des fréquences particulières (souvent dites "modes propres" des vibrations ou "modes vibratoires"),
  • les défauts de linéarité de l'ampli, du haut-parleur ou du baffle qui peuvent présenter des "bosses" de reproduction électrique ou acoustique,
  • les distances et orientations critiques entre guitare et ampli, largement tributaires, topologiquement,de l'environnement et de l'acoustique de la salle,
  • les postures du musicien par rapport à la guitare et la salle,
  • la position de sa main sur le manche, de celle qui "pince" les cordes, du bras sur la table etc.

La règle principale est... qu'il n' y a pas de règle absolue.
il faut seulement, éviter les situations de couplage trop élevé entre guitare et haut-parleur et surtout, que les différentes fréquences de résonance ne se recoupent pas.
En ce cas, l'emploi d'un préampli dit "paramétrique" peut vous sauver la mise, même si je n'approuve pas son côté "mangeur de dynamique sonore", alors inévitable.

Généralement, si ampli et guitare ne sont pas incompatibles, une simple modification des positions relatives du matériel ou des postures du musicien suffit à éviter le désastre sans autre artifice.

Pour ma part, avec strictement le même matériel, j'arrive à éviter tout Larsen alors que d'autres pataugent dans les hurlements.
Je joue, en conséquence, à la limite inférieure du point où ce diable de Larsen m'emporterait dans son enfer de décibels hideux.

En ce sens, acoustique amplifiée, "solid body" ou ES (Electric Spanish) "à la Gibson", me sont indifférentes si elles permettent de ressentir le vent dense du feedback, jusque dans le corps de la guitare et même ... dans mon ventre.

A titre d'exemple, j'ai eu simultanément une Charlie Christian 1938 et une Les Paul PAF 1957 qui donnaient la même sensation de "jouer toutes seules", ... pourvu que je "remue les doigts" pas trop maladroitement. Sans pouvoir en donner une démonstration proprement dite, j'affirme que leur qualité commune était due à leur extrème sensibilité au feedback contrôlé. Ces merveilles, dont les valeurs pécuniaires ajoutées correspondaient au prix d'une petite maison de campagne, ont dû retourner aux USA (et depuis, je vis ... à la campagne, évidemment).

Une dernière recommandation: ne vous fiez en aucun cas à l'essai de matériels en boutique, ou même chez vous, sous peine d'être affreusement déçu lors de votre première prestation en public en leur compagnie (histoire vécue).
En effet, la présence d'autres guitares dans la boutique ou la faible dimension de votre "home sweet home" entraînent un feedback particulièrement trompeur et totalement différent de celui que vous trouverez dans la salle de concert.

Poil à gratter - Itching powder

  Allons un peu plus loin, pour bousculer les habitudes de pensée.

On se doit de considérer le feedback comme un caractère inhérent à la "guitare-ampli", et qui définit le mieux son essence par rapport aux autres instruments (à part de rares exceptions, comme son proche cousin, le violon électrique).

C'est lui qui habille somptueusement votre pudique "guitare-ampli" qui, en son absence,  se présenterait bien nue, frigorifiée et honteuse au public.

De plus, certaine guitares s'en trouvent totalement disqualifiées, comme la Paul Reed Smith (PRS), qui sont  ravalées au rang des planches, certes très belles et chères, mais inertes comme femmes frigides, la vie en étant seulement suggérée par l'électronique pléthorique qui suit "tant bien que mal".

Mais je crains fort que les preneurs de son sourds, de plus en plus à la solde des affairistes du "froid business", oublient (par facilité ou incompétence) de retransmettre cette chose fragile aux disques et aux spectateurs du "direct-live" (sic) honteusement trafiqué par leur sonorisation. Ils se transformeraient alors insensiblement, de preneurs de son en preneurs (au sens de voleurs) de musique, au risque de faire perdre à la tradition "acousmatique" le souvenir même du feedback.
"sic transit gloria mundi", comme dit mon épicier, moderne (mais un peu con): "Ed, l'épicier discount".

Un dernier teesonnier (de l'anglais "to teese", agacer): la réponse finale d'une guitare électrique, fut-elle "solid body", DOIT être tout d'abord évaluée ... NON BRANCHEE. Un peu d'habitude permet de juger à l'avance (en fonction sa réponse vibratoire impulsionnelle) son comportement au feedback, une fois branchée.

Vous l'avez compris, fines mouches, tout ceci est très subjectif et mal établi, mais ... risque de faire école.  


Vous avez aimé ce site? Vous désirez le recommander à un ami?
Did you like this site? Wanna tell a friend of yours?
 

Haut de page


Mise à jour, par Jean-Pierre "lbop" Bourgeois, Ingénieur-conseil ©
 

 Page réalisée sur Mac , et vérifiée avec Firefox, Mac et PC Firefox 2