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Le "Trio de la Vieille Tour"

au Gosier, Guadeloupe

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L'ilet du Gosier, au temps béni où l'on y pêchait encore la langouste en apnée!



Les débuts

En 1968 et 1969, après avoir fait leurs premières armes en trio au "Boukarou", boite de nuit endiablée installée au Gosier, trois compères ont été engagés par l'auberge de la Vieille Tour , alors hôtel "de luxe" de la même ville.



Auberge de la Vieille tour en 1968


Pour "le prestige", le directeur souhaitait bénéficier d'un orchestre permanent, destiné au confort des clients installés au bar, et à leur faire sortir les ultimes kopecks, roubles, dollars et autres francs suisses qui traineraient encore dans leurs poches.

Ainsi fut dit, ainsi fut fait, et les voilà engagés 365 jours sur 365, de 21 heures à ... pas d'heures, pour jouer (et éventuellement chanter) biguines, calypsos, cadences rampas et heureusement ... jazz et bossas.

A cette époque préhistorique, l'embryon du zouk n'était pas envisagé, ni même envisageable.

L'approche commerciale et la gestion étaient dues à X, guitariste-bassiste-organiste-chanteur, improvisé "chef d’orchestre" en raison de ces qualités organisatrices.

Le batteur Y, lointain cousin de ma femme Ririse, était une bête de la "batterie typique", recherché par tous les grands orchestres plus ou moins éphémères qui se constituaient alors en Guadeloupe. Il "déménageait" en effet comme un fou, entrainant de mains de maître musiciens et biguineurs dans un maelstrom endiablé, sans souci de leur couleur de peau.

Une vraie bête, vous dis-je, qui déclarait vouloir se perfectionner en jazz, visée commune aux trois compères.

Et vogue la galère.

Dès les premières répétitions ... le rôle de chef d'orchestre-guitariste-bassite me fut musicalement attribué, à défaut de la direction financière, légitimement pilotée par X.



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En croisère

Je ne sais pas ce que les clients de l’hôtel ont ressenti du confort espéré par la direction hotelière, mais le swing et fièvre de la biguine ont eu raison de leur apathie.

Et les voilà entrain de guincher, et voilà les musiciens accourant de toute la Guadeloupe pour "taper le bœuf" avec nous, et voilà le grand saxo ténor Emilien Antile qui apporte son soufflant, et voilà mon ami Gérard La Viny qui vient chanter son succès "Sans Chemise Sans Pantalon", et voilà le bar de l’hôtel qui se rempli de musiciens tant  amateurs que professionnels et des danseurs conséquents.

A tel point que les intrusions du public étranger à l’hôtel commençait à faire peur à la direction. Evidemment, nous n'en avions cure.

Et voilà qu'un soir l'ORTF locale nous enregistre jusquà l'aube, réclamant le nom des musiciens. Par resrpect pour mes étudiants, jai dû me déclarer sous le nom de Marcel, en souvenir du célèbre "chauffe Marcel" lancé par jacques Brel à Marcel Azola.

Et voilà que le jour j'ai des difficultés a assurer les heures de cours de maths que je dois dispenser auprès des "professeurs de CEG". Heureusement que c'est de l'enseignement supérieur et heureusement que je doive me déplacer entre l'Ecole normale de Pointe-à-Pître, le lycée de Basse-Terre et Marie Galante. De sorte que mes horaires sont limités à ... six heures (trois fois deux heures) de cours par semaine ouvrable. Le rêve des enseignants.

Et voilà qu'un soir, on annonce le passage au bar de deux de mes supérieurs: le vice-recteur, accompagné du directeur de l'école normale. Ces bravecs gens ont eu la délicatesse de faire semblant de ne pas me connaitre. Moi itou, ne les ai point salués. L'honneur était sauf.

A leur décharge, il faut dire que ces supérieurs putatifs avaient le trouillomètre à zéro, car mon ami le directeur du personnel du vice-rectorat avait innocemment fait courir le bruit que j'étais une "barbouze" envoyée par de Gaulle pour surveiller la Guadeloupe.

Inutile de vous dire que la barbouezerie, de Gaulle, et moi, n'avions aucun atome crochu, de loin comme de près.


Barbu, OK,
... mais barbouze ... ?

PS: au centre, vous remarquerez ma "Jacobacci Texas", adaptée en basse 6 cordes



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Après la bataille

Arrive juin 1969, et l'époque où la métropole me rappelle pour un travail plus rémunérateur.

Dernier soir, rasé de frais et à la basse, en compagnie de mon remplaçant guitariste.



Pour me remplacer, nous cherchons et trouvons un guitariste guadeloupéen, formé à Paris sous la houlette des amateurs de Django, que nos initions à notre répertoire.

Il abhorre exactement la même guitare, blonde japonaise, que moi!

Il faut dire qu'à cette époque le marché local ne laissait pas grand choix.

Puis c'est le dernier soir pour moi.

J'en profite pour raser ma "barbe de prof" et me présente à mon poste de musicien.

"Mais quel est ce gus qui se pointe avec la même guitare que Jean-Pierre ?
Il ose même en jouer sans demander notre avis!
Mais, bon dieu c'est bien sur, c'est lui mais sans sa barbe
!!!"

Tout content de ma farce, j'ai poursuivi la soirée jusqu'à son terme, finalement ponctué d'un inattendu mais touchant "Adieu Monsieur le Professeur" entonné par les amis.

Pourvu du matériel de sonorisation que je lui ai revendu, il parait que l'orchestre a perduré un certain temps, avant que les occupations des protagonistes ne les attirent vers d'autre cieux.

Il semblerait que seul le batteur ait poursuivi une carrière musicale bien remplie, en passant par les USA et le jazz-rock.

Mais je n'ai plus de nouvelle des autres.



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Mise à jour, par Jean-Pierre "lbop" Bourgeois, Ingénieur-conseil ©
 

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