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Jimmy Raney, ou LE maître oublié
Page approuvée par son fils, le pianiste Jon Raney.

Fond sonore (à ajuster): en exclusivité avec l'accord des auteurs, The Ballad of Jimmy

Paroles et musique, Charlotte Bizot & Frédéric Bourgaud.
Chant: Charlotte Bizot
Guitare: ES-175 CC, Frédéric Bourgaud
Disque attendu.

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Théorie -Theory

 

 Les trois "grands" de la guitare jazz:

On ne peut oublier de citer Django Reinhardt, Charlie Christian, Wes Montgomery, parmi une cohorte d'autres icônes du même genre.

Mais ces grandes figures buttent sur une frontière commune: leur art si particulier, est si parfait qu'il est dangereux de trop s'en inspirer, sous peine de fadaise.

  • Par exemple, Django ne donne vie qu'à des "guitaristes copieurs", qui passent leur vie à tenter vainement de reproduire le fameux son qui leur échappe continuellement. Le seul continuateur crédible serait Bireli Lagrene, qui s'affranchit progressivement de son idole, à force de s'en être approché au plus près.

    Si la condition de manouche ne vous y contraint pas malgré vous, oubliez donc de suivre Django, vous vous y perdriez, ... body and soul.

    A ce propos, Chistian Escoudé, un manouche de bonne "manoucherie", ne déclare-t-il pas, dans une interview de Yannick Seîté (Jazz Magazine, mars 1992): "Mais il y avait aussi Jimmy Raney!"

    Il y avait même un génial inconnu, Ronnie Singer, qui a certainement influencé Raney et Jimmy Gourley. Mais il s'est suicidé avec sa femme à l'âge de 24 ans, ne nous laissant que trois enregistrements pirates.

  • De même, oubliez ce brave Charlie Christian, qui, s'il n'était pas décédé à l'âge de 23 ans, aurait vraisemblablement produit une oeuvre bien supérieure à celle de ses continuateurs, tel Barney Kessel, guitariste d'une dimension appréciable, mais inférieure à l'initiateur de la guitare électrique populaire. De plus, le style de Charlie Christian se prête peu aux musiques actuelles, malgré son élégance surprenante.
     
  • Enfin, Wes Montgomery à inventé un monde vaste, mais trop personnel, avec son jeu "au pouce", qui n'a suscité jusqu'alors aucun digne repreneur. La limitation de virtuosité semble avoir été transcendée par Wess, mais je ne pense pas qu'il soit possible d'aller plus loin dans cette voie. Heureusement, je me mets parfois le doigt dans l'oeil, ... que j'ai large.

Faute d'élèves crédibles, il faut donc avouer que ces trois grands, malgré leur dimension aimable, mais redoutable, ne sont pas des maîtres aujourd'hui.

Malheureusement, il ne reste de la grande époque Raney (1951–1963), aucun film et ... encore moins de video.

Cependant on peut se faire une (petite) idée avec cette video datant de 1984, où il joue "Dancing In The Dark", même ce n'est plus, ni le son, ni le toucher légendaires de Jimmy, ni la perfection de l'ES-150.

En effet, à partir de son retour dans le courant des années 70, déjà privé de sa guitare volée et de sa santé affaiblie par les excès, il souffrait en outre de la "maladie de Ménière" qui le rendait progressivement sourd, au point où on le voyait parfois l'oreille collée sa guitare.


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En pratique - Facts

 

 Comme bien souvent dans le jazz, le passage par la France est suivi d'un retour aux sources américaines.

Aux USA, Jimmy Raney a retrouvé son aura de "maître des maîtres", accréditée par des publications telles que celles de Jamey Aebersold et la reconnaissance générale de son influence déclarée sur les "guitar heros" de tous poils.

Raney, symboliquement en gros plan, devant Tal Farlow, Pat Martino, Wes Montgomery et Joe Pass

On peut également se réjouir des nombreuses rééditions sur CD de ses oeuvres , connues et inconnues des aficionados.

En France, on peut déplorer la disparition prématurée d'Olivier Despax (à l'âge de 35 ans), qui possédait un jeu très inspiré de Jimmy. J'ai eu la chance de prendre quelques leçons avec lui, très faibles en nombre, mais de qualité très enrichissante.
Pour cette raison, Jimmy a été doublement mon maître dans les années 50: par ses disques, et par l'intermédiaire par trop intermittent du très doué Olivier Despax.

Olivier Despax, en 1959

La Belgique a également connu un adepte remarquable en la personne de René Thomas, qui, a son tour, a formé le regretté Serge Langfield.

En conclusion, je dirai que, si la carrière de Jimmy Raney n'avais pas été malencontreusement interrompue, Wes Montgomery n'aurait pas existé (SVP, pas de lettes d'insultes, Wessistes inconditionnels, elles iraient directement au panier).

Et en postscriptum, un détail de plus sur les âneries tenaces. Tal Farlow a toujours été réputé (en France), pour s'être fait construire par Gibson une guitare "spéciale" à manche court, sensé lui donner un supplément de virtuosité. Hors, les guitares qu'on lui a connu étaient: une ES 150 sortie du rang, une ES 350 classique, mais munie d'un micro Charlie Christian et enfin, une Gibson dite "modèle Tal Farlow", aux dimension standards. Les prétendus spécialistes français ont simplement confondu "manche court" et "grandes paluches", dont était pourvu Tal Farlow.


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Poil à gratter -Itching powder

 

LE maître

Comme souvent, en France et chez sa cousine belge, nous avons nos "exceptions culturelles" et UN maître de la guitare jazz.
Et, comme souvent, notre exception se nourrit du modèle américain, pourtant souvent bien conventionnel.

Nous revendiquons donc un maître absolu en guitare de jazz: Jimmy Raney.

Si t'as pas le disque, t'es mort.
Si tu l'as, tu meures!

J'en veux pour preuve l'existence de disciples connus, tels René Thomas, Jimmy Gourley, Sacha Distel, ou mes amis Olivier Despax et Serge Langfield , ainsi qu'une ribambelle d'autres, plus ou moins moins connus, comme Frédéric Bourgaux, Yvan Chavez ou ... votre serviteur.

Sans parler de sa reconnaissance comme l'un de leurs pairs, par les musiciens français non  guitaristes.

Accueilli à Paris en 1954, par Sacha Distel, René Thomas et Jimmy Gourley

Avec Martial Solal, en 1974

LE maître oublié?

Comme Tal Farlow et beaucoup d'autres, la mode "rock" a eu raison de la carrière de Jimmy Raney, pratiquement de 1965 à 1974, où son retour sur la scène jazzistique l'a vu privé de son caractère réellement novateur (et de sa célèbre ES 150).

A ce propos, on peut rappeler les similitudes avec le grand Tal:
Tous deux étaient blancs dans un monde inventé par les noirs.
Tous deux se sont succédé au sein du trio de Red Norvo.
Tous deux ont eu le bonheur de tâter avec succès de l'ES 150, dite "guitare Charlie Christian".
Après avoir été considérés un temps comme des "dieux de la guitare", tous deux ont subit une éclipse de carrière, néfaste à la qualité leur jeu.

Il faut avouer qu'ils sont alors tous deux tombés dans l'oubli du grand public.

(Leurs biographies et discographies succinctes sont consultables ... ici et un peu plus sur Tal, ... ).

Mais LE maître retrouvé!

Ici  s'arrête la comparaison, Tal était un virtuose, mais rien qu'un virtuose, alors que Jimmy était un musicien.

Le malheur de son interruption de carrière est, pour nous, un avantage: celui de pouvoir la prolonger idéalement dans ses développements possibles.

En ce sens, il est intemporel, même si sa seconde vie professionnelle n'a été qu'une métaphore anecdotique de son talent.

Son art, culminant dans les années 50, est caractérisé par une richesse de possibilités dans tous les domaines de la guitare jazz, mais surtout par un sens particulier du phrasé, transposable jusqu'à nos jours.

Cet art du phrasé, accompagné d'une inventivité sans faille, lui donnent actuellement une autorité posthume sur la plupart des guitaristes, et une sorte de vie éternelle.

Mais, ne vous y trompez pas, si Raney est le "guitariste des guitaristes", c'est pour la voie royale qu'il trace, voie mal discernée par le public, mais qui conduit toujours les guitaristes de jazz, voire, tous les guitaristes-musiciens, comme en son temps, John Lennon, peu suspecté de jazzoteries.

Un dernier point qui me tient à coeur: il a été longtemps affublé de l'épithète malencontreux de "jazzman cool". Si le déboucheur d'oreilles était en vigueur chez les critiques, ils l'auraient qualifié d'élégant bopper.

Mais pour ces racistes sourds, un blanc est forcément "cool" et un noir génétiquement condamné à être "hot".

C'est pas "cool" du tout, c'est simplement "con"!

En résumé:

3 géants (Charlie, Django, Wes), 1 maître (Jimmy), et une foule de ... "petits maîtres"

Quels que soient les plaisirs que peuvent procurer Tal Farlow, Barney Kessel, Georges Van Eps, Kenny Burrell ... et consorts, il restent bien loin des quatre extraterrestres. Et vous pouvez trépigner autant que vous voulez, ils sont, ont été, et resteront toujours de "petits maîtres", face aux géants.


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Mise à jour, par Jean-Pierre "lbop" Bourgeois, Ingénieur-conseil ©
 

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