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(Traductor, traidor!) |
Jimmy Raney, ou LE maître oublié
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Les trois "grands" de la guitare jazz: On ne peut oublier de citer Django Reinhardt, Charlie Christian, Wess Montgomery, parmi une cohorte d'autres icônes du même genre. Mais ces grandes figures buttent sur une frontière commune: leur art si particulier est si parfait, qu'il est dangereux de trop s'en inspirer, sous peine de fadaise.
Faute d'élèves crédibles, il faut donc avouer que ces trois grands, malgré leur dimension aimable, mais redoutable, ne sont pas des maîtres aujourd'hui. Malheureusement, il ne reste de la grande époque Raney (1951–1963), aucun film et encore moins de video. Cependant on peut se faire une (petite) idée avec cette video datant de 1984, où il joue "Dancing In The Dark", même ce n'est plus, ni le son, ni le toucher légendaires de Jimmy, ni la perfection de l'ES-150. |
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Comme bien souvent dans le jazz, le passage par la France est suivi d'un retour aux sources américaines. Aux USA, Jimmy Raney a retrouvé son aura de "maître des maîtres", accréditée par des publications telles que celles de Jamey Aebersold et la reconnaissance générale de son influence déclarée sur les "guitar heros" de tous poils. On peut également se réjouir des nombreuses rééditions sur CD de ses oeuvres , connues et inconnues des afficionados. En France, on peut déplorer la disparition prématurée d'Olivier Despax (à l'âge de 35 ans), qui possédait un jeu très inspiré de Jimmy. J'ai eu la chance de prendre quelques leçons avec lui, très faibles en nombre, mais de qualité très enrichissante.
La Belgique a également connu un adepte remarquable en la personne de René Thomas, qui, a son tour, a formé le regretté Serge Langfield. En conclusion, je dirai que, si la carrière de Jimmy Raney n'avais pas été malencontreusement interrompue, Wess Montgomery n'aurait pas existé (SVP, pas de lettes d'insultes, Wessistes inconditionnels, elles iraient directement au panier). Et en post-scriptum, un détail de plus sur les âneries tenaces. Tal Farlow a toujours été réputé (en France), pour s'être fait construire par Gibson une guitare "spéciale" à manche court, sensé lui donner un supplément de virtuosité. Hors, les guitares qu'on lui a connu étaient: une ES 150 sortie du rang, une ES 350 classique, mais munie d'un micro Charlie Christian et enfin, une Gibson dite "modèle Tal Farlow", aux dimension standards. Les prétendus spécialistes français ont simplement confondu "manche court" et "grandes paluches", dont était pourvu Tal Farlow. |
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LE maître Comme souvent, en France et chez sa cousine belge, nous avons nos "exceptions culturelles" et UN maître de la guitare jazz. Nous revendiquons donc un maître absolu en guitare de jazz: Jimmy Raney.
Si t'as pas le disque, t'es mort. J'en veux pour preuve l'existence de disciples connus, tels René Thomas, Jimmy Gourley, Sacha Distel, ou Olivier Despax et Serge Langfield , ainsi qu'une ribambelle d'autres, plus ou moins moins connus, comme Frédéric Bourgaux, Yvan Chavez ou ... votre serviteur. Sans parler de sa reconnaissance comme l'un de leurs pairs, par les musiciens français non guitaristes.
LE maître oublié? Comme Tal Farlow et beaucoup d'autres, la mode "rock" a eu raison de la carrière de Jimmy Raney, pratiquement de 1965 à 1974, où son retour sur la scène jazzistique l'a vu privé de son caractère réellement novateur (et de sa célèbre ES 150). A ce propos, on peut rappeler les similitudes avec le grand Tal: Il faut avouer qu'ils sont alors tous deux tombés dans l'oubli du grand public. (Leurs biographies et discographies succinctes sont consultables ... ici et un peu plus sur Tal, ... là). Mais LE maître retrouvé! Ici s'arrête la comparaison, Tal était un virtuose, mais rien qu'un virtuose, alors que Jimmy était un musicien. Le malheur de son interruption de carrière est, pour nous, un avantage: celui de pouvoir la prolonger idéalement dans ses développements possibles. En ce sens, il est intemporel, même si sa seconde vie professionnelle n'a été qu'une métaphore anecdotique de son talent. Son art, culminant dans les années 50, est caractérisé par une richesse de possibilités dans tous les domaines de la guitare jazz, mais surtout par un sens particulier du phrasé, transposable jusqu'à nos jours.
Cet art du phrasé, accompagné d'une inventivité sans faille, lui donnent actuellement une autorité posthume sur la plupart des guitaristes, et une sorte de vie éternelle. Mais, ne vous y trompez pas, si Raney est le "guitariste des guitaristes", c'est pour la voie royale qu'il trace, voie mal discernée par le public, mais qui conduit toujours les guitaristes de jazz, voire, tous les guitaristes-musiciens, comme en son temps, John Lennon, peu suspecté de jazzoteries. Un dernier point qui me teint à coeur: il a été longtemps affublé de l'épithète malencontreux de "jazzman cool". Si le déboucheur d'oreilles était en vigueur chez les critiques, ils l'auraient qualifié d'élégant bopper. Mais pour ces racistes sourds, un blanc est forcément "cool" et un noir génétiquement condamné à être "hot". C'est pas "cool" du tout, c'est simplement "con"!
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