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Préambule: il
s'agit ici uniquement des micros électromagnétiques
(ou à réluctance variable)
classiques pour guitare électrique, par opposition
aux micros électrostatiques, beaucoup moins répandus
historiquement et, à mon avis, d'un avenir douteux (à
moins qu'un génie ne leur donne une nouvelle vie).
Le principe de
base est simple: une corde en matière ferromagnétique
(en l’occurrence, alliage nickel-fer) baigne dans le
champ magnétique créé par les aimants
et leurs pièces polaires. Elle s'en trouve aimantée,
et crée dans son mouvement un champ perturbateur
variable qui modifie le flux du champ qui traverse les bobines.
Interviennent
alors les lois les plus banales (si on peut qualifier
ces lois de banales) de l'électromagnétisme.
D'après
G.Bruhat, dans "Electricité":
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1)
La loi
dite de Faraday: Lorsqu'on
fait varier, par un procédé quelconque, le
flux d'induction magnétique qui traverse
un circuit fermé conducteur, ce
circuit est le siège d'un courant, dit
courant induit.
2)
La loi de
Lenz: Le sens du courant
induit est tel que le flux (qu'il produit
à travers les circuits qu'il parcourt)
tend à s'opposer à la variation de flux
qui lui donne naissance.
En
ce cas, on démontre que la tension induite
e, s'exprime
ainsi, en fonction de la dérivée du flux Φ du champ
magnétique dit d'induction, traversant les
bobines du micro, par rapport au temps t:
e = - dΦ/dt
(En langage usuel, on dirait que
la force contre-électromotrice
engendrée est proportionnelle à la
vitesse de variation du flux d'induction)
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En règle
générale, un tel micro, analogue à un micro
électromagnétique destiné à la prise de son usuelle, est
composé d'un aimant,
d'une bobine traversée
par le champ magnétique de l'aimant, et d'un diaphragme
mobile.
(s'adressant à des musiciens, on confondra ici, par
besoin de simplicité, champ et induction magnétiques,
quitte à choquer des puristes)
Dans cas d'une
guitare électrique, les cordes en acier jouent le
rôle du diaphragme mobile et les actions des
aimants peuvent être éventuellement prolongées et
concentrées par des pièces polaires en fer doux
(non aimantées par elles-mêmes, mais par l'induction des
aimants).
Alors, les
mouvements (périodiques) de la corde déforment les
lignes du champ d'induction créé par les aimants et ,
ponctuellement, font légèrement varier son intensité.
Le flux d'induction traversant la bobine varie alors
périodiquement et une force contre-électromotrice est
engendrée dans la dite bobine, se traduisant à ses
bornes par une différence de potentiel périodique.
Cette
différence de potentiel est alors amplifiée par ce qui
est appelé vulgairement "un ampli", pour être convertie
en puissance électrique transmise à un haut-parleur et,
finalement en puissance acoustique sonore.
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Commentaires:
-
première interprétation: la corde agit, plus
précisément, par l'intermédiaire de ce que les
physiciens appellent sa perméabilité
magnétique, qui "attire" vers elle
les lignes de champ, comme le font également les
pièces polaires en fer doux.
On
pourrait donc considérer cordes et pièces
polaires comme des sortes d'"aspirateurs" pour
lignes de champ des aimants.
-
deuxième interprétation théorique: la réluctance d'un
circuit magnétique est une propriété qui
caractérise la résistance de ce circuit au
passage du flux, par analogie à la résistance
d'un circuit électrique au passage du courant.
Dans
cette optique, on peut dire que la présence de
la corde modifie la réluctance du circuit
magnétique du micro, donc également le flux qui
traverse les bobines. D'où le nom de "micros à
réluctance variable". Pour les matheux, les deux
interprétations sont complémentaires et se
déduisent l'une de l'autre par le théorème de
Green.
Pour
plus de détails sur de tels capteurs, les
matheux peuvent consulter un texte de
l'agrégation de physique, Marseille 2003, sur
les capteurs électromécaniques, sous forme d'un
document Acrobat: capteurs
pdf.
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Généralités sur les
aimants:
Un aimant
possède deux pôles, Nord et Sud.
Par définition, le pôle Nord d'un
aimant est celui qui se dirige vers le pôle magnétique
terrestre situé dans l'hémisphère Nord.
Quand on rapproche deux aimants, on constate que leurs
pôles de même nom se repoussent et leurs pôle de nom
contraire s'attirent.
Par exemple le pôle Nord du premier aimant repousse le
pôle Nord du second mais attire son pôle Sud.
NB: il s'ensuit que le
"pôle Nord géographique" se trouve être
malencontreusement ... "un pôle Sud magnétique". Mais
l'erreur est consacrée par l'habitude. Tout comme le
courant électrique des précurseurs, qui s'est
finalement révélé être ... à l'opposé de celui des
électrons.
Donc, sur un
micro testé à l'aide d'une boussole, le pôle Sud est
celui qui est attiré par le pôle Nord de l'aiguille
(par convention: le côté noir) .
Du point de
vue matériau, ils sont généralement constitués
d'alliages à base de fer, souvent du type "Alnico"
(allaiage aluminium, nickel, cobalt et ... fer,
naturellement), ou de ferrites (céramiques à base de
fer). Leur composition exacte importe peu à
l'utilisateur final.
Généralités sur les bobines:
Elles
sont constituées de fil émaillé
très fin (et fragile), bobiné sur des
patrons en carton ou matière plastique, voire
directement sur les aimants.
On peut dire qu'une bobine
de micro est une suite de n
spires:
- raccordées en série,
- de même sens d'enroulement,
- ayant donc chacune
deux faces empilées dans le même sens,
- avec un unique point
de départ et un unique point d'arrivée pour
l'ensemble.
Donc, pour UNE bobine donnée, avec UN SEUL sens
de bobinage:

En
oubliant les retournements de la bobine face pour face,
dans un micro électromagnétique à simple bobinage, il
existe alors 4 façons de combiner un aimant et une
bobine donnés, selon le schéma suivant:

-
le point
chaud (véhicule du son) est indiqué par une flèche
-
l'autre
extrémité est relié à la masse (point électrique
commun aux circuits, blindages et cordes)
Pour un même
sens de bobinage, on voit que les phases de deux micros
(bobine + aimant) peuvent être comparées:
-
électriquement: par
le raccordement électrique de la bobine
-
magnétiquement:
par le sens de l'aimant
-
-
globalement: par
le sens résultant de la combinaison des deux autres
Les
combinaisons horizontales sont deux à deux globalement
en phase , et les combinaisons verticales globalement
hors phase (parfois dit "en opposition de phase").
Les micros à simple bobinage classiques
(dits single coil)
Premier
exemple, à tout seigneur, tout honneur: le Charlie Christian
Second
exemple: éclaté de micro "Stratocaster"

Ici, le
micro est constitué de six aimants individuels fixes,
de même orientation Nord-Sud, de hauteur
éventuellement différente pour régulariser le niveau
capté par chacune des six cordes.
La bobine de chaque micro est enroulée directement
autour des aimants.
Aucune pièce polaire ne vient concentrer par sa
présence le flux des aimants.
Conformément à "l'esprit Fender", il s'agit de version
technologiquement la plus simple du micro, ce qui ne
signifie pas simpliste.
Pour les
téméraires , je signale qu'il n'est "pas impossible"
de régler manuellement la hauteur de chaque aimant à
l'aide d'un chasse-goupille.
Il n'est même "pas totalement impossible" d'inverser
la polarité des aimants par retournement.
Mais vous
risquez l'infarctus ... et de rompre la précieuse
bobine
Autre
exemple, le P 90 de Gibson
Deux aimants
plats disposés en opposition polaire (nord face au
nord, ou bien sud face au sud) induisent leur champ
dans une petite barre de fer doux dans la quelle sont
fichées six vis également en fer doux qui concentrent
les lignes de champ.
Par rapport
aux micros Fender réglés en usine, les six vis
permettent d'ajuster le niveau sonore de chaque corde
individuellement, en évitant l'infarctus fatal cité
plus haut.
En variante,
le P90, dit "P90 Alnico", possédait 6 aimants en
alliage Alnico V, réglables individuellement en
hauteur par rapport à chacune des 6 cordes.
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Micros à double bobinage:
En combinant
les configurations 1 et 2 (donc globalement en phase),
on obtient deux micros fusionnés en un seul, dit
"humbucking" (littéralement bloqueur de ronflement) ou
humbucker, ou encore double bobinage
L'aimant est placé sous les bobines qui sont traversées
par deux pièces polaires en fer doux.
La grosse astuce est que les deux bobines sont:
- montées en série
et globalement en phase par rapport au mouvement des
cordes (qui font partie
du circuit magnétique du micro) ,
- mais, apparemment hors
phase par rapport à l'environnement extérieur (non inclus dans le circuit
magnétique du micro).
Les perturbations par les
champs magnétiques extérieurs en sont, au moins réduits,
voire annulés, alors que le niveau musical produit est
renforcé.
En
contrepartie, les humbuckings sont moins puissants en
aigus que les simple bobinage en raison
- de
capacités parasites plus importante
- d'une self-induction plus importante
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On
peut indiquer ici que les capots métalliques des
humbuckers ajoutent une capacité parasite
virtuelle en parallèle, qui filtre les extrêmes
aigus, ainsi qu'une résistance virtuelle en
série, qui diminue légèrement le niveau de
sortie.
En contrepartie, ils participent à leur
protection contre les champs électriques
parasites extérieurs
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Bobines en série,
hors phase (apparemment), le renversement
du flux des aimants les rendant globalement en phase par
rapport au déplacement des cordes
Exemple:
éclaté de micro Gibson type PAF

Montages série et
parallèles, en phase et hors phase de deux
micros identiques
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Micros
en parallèle et en phase. La force
(contre) électromotrice reste identique à
celle de chaque micro
La self induction et la résistance sont divisées
par deux.
Le niveau sonore est inchangé mais le son est
moins "gras".
C'est le mode usuel sélectionné en position
médiane de l'inverseur des guitares à deux micros. |
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Micros en série et
en phase. Les forces
(contre) électromotrices s'ajoutent.
La self induction et la résistance augmentent.
Il en résulte un son puissant et grave.
C'est le mode usuel de fonctionnement des bobines
des Humbuckers qui contiennent deux micros en un,
à un inversement près des aimants |
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Micros en parallèle
et hors phase. Les forces
(contre) électromotrices se
retranchent.
La résistance et la self induction diminuent.
Petit son "zarbi". |
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Micros en série et
hors phase. Les forces
(contre) électromotrices se
retranchent.
La self induction et la résistance augmentent.
Son "zarbi" mais plus puissant que le cas
précédent. |
Et n'oubliez
pas que je suis, très provisoirement bon prince, la
situation réelle devant prendre également en compte le
renversement éventuel des aimants (humbuckers, par
exemple), le renversement du sens des bobinages, ou le
couplage magnétique entre les deux micros.
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