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Au 35 rue des Martyrs


Histoire de la rue des Martyrs (compilation):

Ensemble des IXe et XVIIe arrondissements



Voir des photos anciennes

Je cite:

"MARTYRS (rue des)"

IXe et X VII1 Arrondissements. Commence 2 r. Notre‑Dame‑de‑Lorette et 64 r. Lamartine; finit 14 r. La Vieuville. Longueur 88 m; largeur 10 à 12 m. En partie, ancienne voie de la commune de Montmartre.

Dernière section du très vieux chemin qui, par nos rues Montmartre et du Faubourg‑Montmartre, conduisait de Lutèce à la butte Montmartre, cette rue s'appelait, au XVIlIe siècle, des Porcherons, du nom de la barrière d'octroi située, en 1726, à son débouché sur la rue du Faubourg‑Montmartre. Elle reçut, vers 1750, son appellation actuelle, due à ce qu'elle conduisait au Sanctum Martyrium (cf. r. Antoinette) où, selon Ia tradition, saint Denis et ses compagnons, saint Eleuthère et saint Rustique, avaient été décapités. Elle fut coupée en deux, en 1787, par le mur des Fermiers‑Généraux ; sa section extra‑muros s'appela alors chaussée des Martyrs, mais reprit son ancien nom en 1868. Sa section intra‑muros porta, de 1793 à 1806, le nom du Champ­-du‑Repos, dû à celui du cimetière (cimetière Montmartre) où elle conduisait. Cette dernière section comptait, en 1787, sur 58 maisons, 25 cabarets dont les plus fréquentés étaient le Faisan‑Doré (au n° 7) qui ne disparut qu'en 1860, le Boeuf ­Rouge (au n° 12) et le Lion d'Argent (au n° 16):
Il y eut aussi dans cette rue, au XVIIIe siècle, d'agréables "petites maisons", telle celle que le duc de Montmorency fit construire pour Mile Desjardins, vers 1758, celle du duc de La Trémoille (1760) et, antérieurement, celle de Christine Des­mares, nièce de la Champmeslé, dont le grand Dauphin fut le premier amant et qui eut ensuite une fille du Régent.

Rue des Martyrs, à Paris (IXe arrondissement et XVIIIe arrondissement). - Cette rue relie les rues Lamartine et Saint-Lazare (à l'arrière de l'église Notre-Dame de Lorette) à la rue de Vieuville.

Cette rue existait déjà au XIIe siècle, c'était un chemin conduisant des Champeaux (halles) à l'abbaye de Montmartre, ainsi qu'il est indiqué en 1672 sur le plan de Jouvin de Rochefort.

Le premier nom de cette rue fut la rue des Porcherons, parce qu'elle dépendait du quartier des Porcherons, puis elle devint rue des Martyrs jusqu'à la barrière et chaussée des Martyrs pour la partie extra-muros allant du boulevard à la rue de La Vieuville. En 1868, la rue et la chaussée furent réunies sous la même dénomination de rue des Martyrs, en souvenirs des martyres qu'endurèrent sur la Butte-Montmartre saint Denis et ses compagnons, saint Eleuthère et saint Rustique, lesquels y furent "décollés".

Par surcroît de cruauté, raconte la légende saint Denis avait préalablement été placé sur un gril rougi aux flammes dans la prison de Glaucin (Châtelet) puis transporté à Montmartre pour y être supplicié; la légende ajoute qu'après avoir été décapité saint Denis prit sa tête dans ses mains et s'en alla ainsi vers la ville qui plus tard prit son nom. De Mons Martyrum (mont des martyrs) on fit Montmartre. Une chapelle dite des Martyrs existait rue Yvonne Le Tac.

De 1793 à 1806, la rue des Martyrs devint rue du Champ du repos, parce qu'elle conduisait également au cimetière de Montmartre dénommé Champ de repos, avant d'être le Cimetière du Nord.

La rue des Porcherons était autrefois sillonnée de guinguettes, dont quelques-unes avaient acquis un certain renom : le cabaret du Boeuf Rouge, du Faisan Doré, du Lion d'Argent, etc., étaient les endroits les plus à la mode. Par la suite, tout est changé et ce sont les théâtres ou les cabarets artistiques qui envahirent le quartier (certains existent toujours dans cette rue ou dans les environs) : le Rat Mort, la Grande Pinte, le Chat Noir fondé par Salis, le Tambourin, l'Auberge du Clou créée par l'acteur Mousseaux, le Cabaret Bruant, l'Abbaye de Thélème, le Grand Guignol, le Moulin-Rouge, la Boîte à Fursy, la Cigale, etc., et autres fantaisies montmartroises.

Et sur Wikipedia:

  • Cette rue a été chantée par François Hadji-Lazaro : Dans la salle du Bar-Tabac de la rue des Martyrs.
  • Cette rue est mentionnée dans le film de Sacha Guitry, Le Roman d'un tricheur, où le narrateur décrit une soirée "dans un petit café de la rue des Martyrs au nom prédestiné".
  • Étienne Lousteau et Dinah de La Baudraye y habitent dans le roman La Muse du département par Honoré de Balzac.
  • Patrick Eudeline a publié un roman intitulé Rue des Martyrs.
  • Mme Loisel dans une des nouvelles de Guy de Maupassant (La Parure) vit rue des Martyrs.
  • Le réalisateur Claude Lelouch est né rue des Martyrs, le 30 octobre 1937.
  • Dans cette rue, Allan Kardec a commencé les meetings que donnerait origine au Spiritisme.
  • C'est aujourd'hui une rue très vivante marquée par les quartiers de nuit de Pigalle et des Abbesses. On y trouve beaucoup de petits commerces ainsi que des cabarets (Chez Michou, au n° 80), une salle de spectacle (Le Divan du Monde, au n° 75) et des bars.
  • no 40 : Dans cet immeuble résida Maurice Ravel de 1875 à 1880 avec ses parents et son frère Édouard.
  • Au 13 et ensuite au 21 rue des Martyrs, a vécu avec son père et dans les années 1870, l'écrivain Paul Léautaud, auteur du journal contradictoirement intitulé "Le Journal Littéraire" et de la nouvelle autobiographique "Le Petit Ami". Dans ce dernier, il décrivit comment, dès l'âge de 5 ans, il était de devenu le "petit ami' des prostituées, très nombreuses à l'époque, qui fréquentaient cette rue et celles qui entourent l'église de Notre-Dame-de-Lorette. .

Fin de citations

Avant 1836, la rue des Martyrs faisait trace au milieu de la campagne, et les rues Clauzel (anciennement et de Navarin n'avaient pas encore délimité leur place.

Rue des Martyrs bordée de champs (cadastre de 1836)

Barricade de 1871, pendant la semaine sanglante:

22 mai 1871 : Barricade reconstruite à la hâte rue des Martyrs à l’annonce de l’entrée des versaillais dans Paris


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Partie située au sud du boulevard Rochechouart (IXe arrondissement).


Je cite, avec les même couleurs:

N° 1 et 2 - Emplacement, de 1726 à 1787, de la barrière des Porcherons reportée à cette dernière date, sous 1er nom de barrière des Martyrs (cf. bd de Clichy), à la rencontre de nos boulevards de Clichy et de Rochechouart.

N° 7 - Emplacement de l'ancien restaurant du Faisan doré, qui eut son heure de célébrité jusqu'en 1860.

N° 7 et 9 - Il y avait aux 7 et 9 de la rue un établissement fréquenté par les artistes au milieu du XIXème siècle, la Brasserie des Martyrs. On a du mal à imaginer aujourd'hui l'atmosphère tumultueuse du lieu qui devint, succédant au quartier Latin, l'épicentre de la vie de bohème.

Henri Mürger en est un des plus fidèles paroissiens. Il est en bonne compagnie avec Jules Vallès ou Aurélien Scholl.
Les peintres ne sont pas de reste. Ils transforment la Brasserie en arène où s'affrontent les coloristes, les ingristes et les réalistes menés par Courbet. Ce dernier prend vite l'avantage et finit par régner en maître sur sa cour!

Manet y vient également avec son ami Baudelaire qui y puise peut-être quelque inspiration pour ses poèmes consacrés au vin:

Un soir l'âme du vin chantait dans la bouteille:

"Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité,
Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles,
Un chant plein de lumière et de fraternité!"

Après 1890, la Brasserie devient un café-concert, suivant la mode montmartroise. Il s'appelle le Bengali puis la Savoyarde. C'est là que se produit, entre le Trianon Concert et l'Eldorato, une toute jeune chanteuse comique du nom de Mistinguette (avec un "e" à ses débuts)

Orphée l'a remplacée aujourd'hui mais vous serez déçu si vous croyez qu'il s'agit du chanteur divin à qui le soleil obéissait. Non c'est l'enseigne d'une bijouterie qui ne fera chanter que votre carte bleue...

N° 10 - Du XVIIie siècle, guirlandes du premier étage, vases du deuxième, clefs du troisième.

N° 12 - Emplacement d'une maison, emportée par la rue Hippolyte-Lebas, où habitèrent Lepère, l'un des architectes de la colonne Vendôme, puis son gendre, l'architecte Hittori (1792-1867).

N° 12. Rue Hippolyte-Lebas (1884). Doit son nom à l'architecte (1782-1867). Le marché des Martyrs, établi dans cette rue, date de 1872.

N° 13 - Le petit immeuble du 13 a abrité un garçon qui allait devenir un grand écrivain, ami des chats et chiens plus que de notre espèce: Paul Léautaud.

Rue Choron. Ouverte en 1861 sur l'ancienne cour Saint-Guillaume. Nom en 1868, en mémoire du professeur de musique (1772-1834). Au 8 bis se trouve l'école des frères de Notre-Dame de Lorette (Association Lorette).

N° 15 - Le 15, petit immeuble montmartrois abrita dans ses murs une centrale de fabrication de faux-papiers du M.L.N. (Mouvement de Libération Nationale) en 1943 et 1944.

No 19 - Emplacement de la maison où mourut dans la retraite, en 1827, à 52 ans, le député Manuel, son convoi fut suivi par plus de 100 000 personnes.

Le 19 est intéressant à divers titres. Architecturalement d'abord, l'immeuble classé date de la fin du XVIIIème. Le porche mène à une cour plantée sur laquelle s'ouvrent deux pavillons.

Celui du fond date du second Empire.

Celui de devant a été la demeure du député saint-simonien Jacques Antoine Manuel (1775-1827). Cet homme intègre attaché aux acquis de la Révolution fut considéré comme un ennemi par les ultras qui parvinrent à l'exclure de la Chambre des Députés. Il était aimé du peuple et à sa mort malgré les efforts du préfet pour interdire toute manifestation de soutien, des dizaines de milliers de parisiens l'accompagnèrent jusqu'au Père Lachaise.

Le 19 possède encore d'autres titres de gloire!

Il a été le siège de la 1ère Revue Blanche des frères Natanson à laquelle participa Lautrec. C'est là qu'ils organisèrent la première exposition de Vuillard.

N° 20 - François de Montholon, peintre sans bras, dont les œuvres furent exposées pour la première fois au salon de 1879, habita à cet endroit.

Dans le petit immeuble du 20 vécut une artiste dont le talent et le charme faisaient courir tout Paris...

Il s'agit de Marie Julie Boulanger (1786-1850), mezzo soprano à l'Opéra Comique. Quand elle débuta, elle provoqua un tel enthousiasme qu'il y eut un an de prolongation! Elle fut une interprète idéale des compositeurs français alors à la mode : Auber, Hérold, Halévy, Adam...

N° 21 - Fut habité pendant son enfance par l'écrivain Paul Léautaud (1872-1956).

Le député Manuel y habita et Géricault, dit-on, y mourut (?).

N° 22 - Fut habité par le journaliste de l'Echo de Paris Marcel Hutin et par le comédien Charles Baret qui dirigea tant de tournées théâtrales à partir de 1880, c'est alors qu'il était l'impresario d'Adeline Patti qu'il fut surnommé le "Napoléon des tournées".

N° 23 - Le 23 est un immeuble classé datant de la Restauration. Ses corniches saillantes séparent les étages carrés des combles aux lucarnes en bois.

C'est là que vivait Laurent Jan, secrétaire de Balzac qu'on retrouve dans un des personnages récurrents de la Comédie Humaine, Etienne Lousteau.

Illustration pour les Illusions Perdues (Lousteau parlant à une actrice)

Il y eut dans cette demeure de mémorables soirées si l'on en croit Balzac qui écrit au docteur Ménière : "Viens ce soir chez Laurent jan, 23 rue des Martyrs, il y aura des chaudes-pisses bien habillées."

La maison ouvre sur une grande cour et un jardin protégé où l'on trouve l'atelier d'artiste où travailla Géricault qui habitait un peu plus haut, dans la même rue, au 49.

La maison ouvre sur une grande cour et un jardin protégé où l'on trouve l'atelier d'artiste où travailla Géricault qui habitait un peu plus haut, dans la même rue, au 49.

Géricault qui a peint les chevaux comme aucun autre, avec cette force et cette vulnérabilité, ce "regard intense et effrayé, serait mort à la suite d'une chute de cheval, un peu plus haut dans la rue. La circonstance de son décès fut imaginée pour protéger sa réputation. Il n'était pas correct alors de parler de maladie vénérienne. Elie Faure écrit plus simplement et plus poétiquement : "Géricault est mort d'avoir trop fait l'amour"

N° 24 - Le 24 paraît bien modeste comparé à son voisin. Mais méfiez-vous!

Il fut le siège de l'école de boxe française de Joseph Charlemont (1839-1918). Charlemont, communard de corps et d'âme, faisait partie des "Fédérés" acharnés à défendre les idées républicaines. Après la défaite, il fut condamné à mort par contumace et contraint à l'exil à Bruxelles. Il y organisa un club de boxe française.

Quand il revint à Paris après l'amnistie, il créa rue des martyrs l'Académie de Boxe qui après sa mort sera dirigée par son fils Charles jusqu'en 1944.



Joseph Charlemont
Charles Charlemont (à gauche)

Joseph Charlemont est célèbre pour ses ouvrages théoriques et pratiques et pour avoir remporté en 1899 "le combat du siècle" contre l'anglais Driscol. La boxe française était alors grâce aux Charlemont à son apogée et la salle qu'il dirigeait était fréquentée par l'élite de la société...

N° 27 - Le 27 est un immeuble de la 1ère moitié du XIXème siècle. Il fut la demeure en 1825 de Béranger, le poète et chansonnier dont Chateaubriant écrit qu'il est "un des plus grands poètes que la France ait jamais produits"!

Avant d'aller habiter dans le Marais, dans une rue qui porte aujourd'hui son nom le "grand poète" a eu l'occasion lorqu'il vivait rue des Martyrs de rendre de fréquentes visites à son ami Manuel qui habitait à 100 mètres de chez lui!

N° 28 - Rue Manuel (1806). Faisait partie jadis de la rue Neuve-des-Martyrs, puis s'appela rue Morée. Nom actuel en 1887, en mémoire de l'homme politique (1775-1827).

No 35. - Fut habité par le grand comédien Lassouche, mort dans la misère en 1915, à 87 ans.

Le modeste 35 cache paraît-il dans l'obscurité de sa cave un des anciens puits de la rue qui par précaution a été comblé.
La vérité dans son plus simple appareil n'en sortira donc plus jamais!

Rue Clauzel (1830). S'appela rue Neuve-Bréda. Nom actuel en 1864, en mémoire du maréchal (1772-1842). Au 10, où habitait le peintre Foubert, était aussi le siège de la société des artistes dits les « Enfants d'Apollon ». Cette société, avait été fondée en 1752.

No 37. - Fut habité par Alfred Capus, auteur de La Veins et brillant chroniqueur au Gaulois, mort dans la misère en 1922, à 64 ans.

Au 37 a vécu Jean Baptiste Millière (1817-1871), un homme aux idées généreuses et à l'engagement courageux.

Il s'oppose au coup d'état de Louis Napoléon; il est arrêté et exilé en Algérie. De retour d'exil il participe comme rédacteur au journal de Rochefort La Marseillaise. En 1870, pendant la guerre contre la Prusse, il commande un bataillon de la Garde nationale.

Il soutient la Commune sans y participer. Il est élu député de la Seine et malgré son immunité, il est de nouveau arrêté, traîné sur les marches du Panthéon où il est fusillé.
Il est donc dans cette rue où il habita un des martyrs de la liberté.s.
Après la journée du 10 août 1792, prise des Tuileries et début de la Terreur, il se mit à l'abri afin de garder la tête sur les épaules...

N° 39 - Rue de Navarin (1830). Nom en souvenir de la victoire de 1827. Au 9, maison d'un style pseudo-renaissance. Au 20 (dans une ancienne maison avec parc qui a disparu) habitait L. Bailby, homme de lettres, directeur de l'Intransigeant.

No 40. - Emplacement, en 1867, d'une salle de gymnase, dite le Grand-Gymnase.

Dans cet immeuble résida Maurice Ravel de 1875 à 1880 avec ses parents et son frère Édouard.

N° 43. Balzac après avoir cédé son fonds d'imprimerie de la rue Visconti vint y occuper un appartement.

No 44. - Fut habité par le chanteur Mévisto aîné, de son vrai nom Jules Wisteaux, compagnon de Dominique Bonnaud dans les cafés-concerts de la butte Montmartre.

Maison mortuaire du comédien Talbot (Denis Montalant, † 1904).

N° 47 - Au 47 ont vécu Laure de Surville, sœur de Balzac et son mari. Balzac toujours à la recherche d'un abri pour échapper à ses créanciers qui étaient à ses basques comme une meute de chiens de chasse, se réfugia plus d'une fois dans cette maison!
Le quartier est d'ailleurs marqué par sa présence. Au 23, comme nous l'avons vu, habitait son secrétaire et organisateur de soirées légères, Antoine Jan...

Grande cité particulière, derrière les boutiques.

No 49 - Derrière l'immeuble, au milieu d'un jardin, pavillon avec atelier où habitait, dès 1813, le peintre Géricault et où il mourut le 18 janvier 1824, à 33 ans. Sa mort fut due à une chute de cheval, sa monture l'ayant jeté contre le mur des Fermiers Généraux à hauteur de la barrière des Martyrs; sa blessure lui causa un abcès dont il mourut après un an et demi de souffrances. Son père avait été propriétaire de l'immeuble en façade avant qu'il ne le vendît à un de ses locataires, le colonel Bro de Comères, un demi-solde ami de Béranger. Ce dernier vint l'habiter, avec son ami Antoine Manuel (1775-1827), lorsqu'il sortit, en 1825, de la prison Sainte-Pélagie.

Le 49 a été construit à l'emplacement de la maison de Géricault dont l'atelier était plus bas au 23.

N° 51 - L'architecte A.-N. Normand, de l'Institut, est mort à cet endroit en 1909. 11 avait construit la maison pompéienne de l'avenue Montaigne.

N° 57 - Rue Victor-Massé, du nom du compositeur (1822-1884). D'abord rue Ferrand (1797), ensuite rue de Laval. Son nom actuel date de 1887.

No 59. - Emplacement d'un hôtel de Malesherbes (cf. Cité Malesherbes).

Au 59, à l'emplacement de la Cité Malesherbes, s'élevait l'hôtel du Président Lamoignon de Malesherbes (1721-1794). On connaît le rôle joué par cet éminent personnage qui tout en servant la monarchie partageait les idées et les aspirations des philosophes des Lumières. Bien que responsable de la censure royale, c'est lui qui prévint secrètement Diderot quand le Parlement ordonna la saisie de tous ses manuscrits.
Diderot affolé ne sachant où les cacher, les confia à Malesherbes qui les conserva chez lui.

Malesherbes eut le courage d'accepter de défendre Louis XVI lors de son procès. La Terreur ne l'oublia pas puisqu'il fut arrêté avec toute sa famille. Sa fille et son mari, sa petite fille et le sien, sa sœur aînée furent guillotinés avant lui.
Le jour de son exécution, alors qu'il trébuchait en sortant de son cachot, il soupira : "Voilà un mauvais présage! Un romain serait rentré!"

L'impasse édifiée sur les terrains de l'ancien hôtel porte son nom : Cité Malesherbes.

N° 65 - Au 65, là où aujourd'hui il y a une boulangerie, s'ouvrait la boutique, plutôt la caverne d'Ali Baba du Père Soulié. Cet ancien saltimbanque, ivrogne 24 heures sur 24, y vendait de tout : couleurs, vieux meubles, brocante hétéroclite et foutraque.

Il achetait des toiles aux peintres de Montmartre afin de les aider. Ces toiles se retrouvaient sur le trottoir où il les proposait à d'autres peintres afin qu'ils les utilisent pour les recouvrir de leurs propres créations. Picasso fréquenta cette boutique et il découvrit dans l'amoncellement inextricable un tableau qu'il acheta sans hésiter et qu'il garda toute sa vie. C'était un portrait de femme du douanier Rousseau!

Le Père Soulié qui se hasardait dans des paris plus ou moins truqués et qui avait des mœurs peu orthodoxes fut arrêté pour une affaire de pédophilie. Sorti de prison il ne survécut pas longtemps et il mourut à l'hôpital Lariboisière, en 1909.

Sur l'emplacement de la Cité Malesherbes jusqu'en 1858, était autrefois l'hôtel de Guillaume de Lamoignon de Malesherbes qui défendit Louis XVI et fut décapitée en 1794 avec sa femme et sa fille. Henri Rochefort habitait le 5 bis de cette cité.

No 63. - Collège moderne Edgar-Quinet, pour jeunes filles.

N° 65. Rue Alfred-Stevens, ouverte sur la propriété de Stevens, peintre belge, né à Bruxelles en 1828. Au 10 de la rue se trouve le passage Alfred-Stevens (1882), qui aboutit au 9 du boulevard de Clichy.

Enfin la rue des Martyrs s'achève côté IXème par l'abomination des abominations, un consternant immeuble pesant et sinistre, le Bouglione.

Les spéculateurs ont détruit pour faire de l'argent, un des joyaux architecturaux du XIXème siècle, le cirque Médrano qui fut un des lieux les plus riches de la vie artistique montmartroise et où de nombreux peintres puisèrent leur inspiration.

Le défunt cirque Médrano.


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Traversons le boulevard: tronçon compris depuis le boulevard de Clichy jusqu'à la rue La-Vieuville (XVIIIe arrondissement).

N° 75 - En 1861, brasserie des Martyrs que fréquentèrent Baudelaire, Aurélien Schoil, Monselet, Jules Vallès et des bohèmes faméliques; Banville disait que c'était l'endroit "où on causait le plus et où on buvait le moins"». Elle fit place, en 1873, au Divan japonais, dirigé, de 1883 à 1892, par l'épicier ­poète Jehan Sarrazin, puis par le fantaisiste Maxime Lisbonne (cf. bd de Clichy) lorsqu'il abandonna la direction du Casino des Concierges (cf. r. Pigalle). On y joua le Coucher de la Mariée où pour la première lois, on vit sur scène une femme nue, c'est-à-dire en maillot rose quelque peu transparent. Ce fut alors un beau scandale. C'est le Divan japonais qui lança Yvette Guilbert. Comédie-Mondaine en 1908; actuellement cinéma (puis "Le Divan du Monde").

Il y avait à l'origine un bal, La Musette de Saint-Flour qui profitait de vins et d'alcools dispensés des taxes de l'octroi. Le bal devint vers 1860 la Brasserie des Martyrs. Baudelaire y venait parfois.
En 1873 la Brasserie se transforma en Divan Japonais. Le décor était dans le goût japonisant de l'époque, du bambou sur les murs, des meubles laqués de noir ou de rouge, des hôtesses vêtues de kimonos. Il était apprécié des artistes comme Toulouse Lautrec ou Willette et plus tard Picasso
.

Le Divan Japonais, par Toulouse Lautrec

Yvette Guilbert qui s'y produisait l'appréciait plus que le Moulin rouge voisin dont le public selon elle était essentiellement composé de commis!

Yvette Guilbert

Le Divan Japonais devint en 1896 le Concert Lisbonne puis Les Folies Montmartre. En 1901, il se métamorphosa en Théâtre de la Comédie Mondaine avant de déchoir en cinéma porno.

Ce n'est qu'en 1994 qu'il devint Le Divan du Monde, spécialisé dans les musiques venues des 4 coins de la planète qui est pourtant ronde!

L'actuel café-concert Le Divan du monde qui s'y trouve a été ouvert en 1994 sur l'emplacement de l'ancienne Comédie mondaine, qui s'était appelée auparavant brasserie des Martyrs et Divan Japonais. Le fameux colonel Lisbonne, qui mourut en 1905, fut un des directeurs du Divan Japonais. Il fut également le créateur de la Taverne du Bagne (boulevard de Clichy), de la Brasserie des Frites Révolutionnaires, du Casino des Concierges qui était 73, rue Pigalle. Une autre célébrité de Montmartre, Jean Sarrazin, poète et marchand d'olives, qui mourut en 1903, fut également directeur du Divan Japonais. Baudelaire, Toulouse-Lautrec et Picasso avaient fréquenté cet établissement. Au 75 bis se trouve la cabaret Madame Arthur (spectacles transformistes), ouvert en 1948 par Marcel Wutsman. Son nom provient du titre d'une chanson d'Yvette Guilbert, qui avait été révélée au Divan japonais.

Ce qui n'est pas le cas de son voisin, un établissement qui eut son heure de gloire et qui a rendu l'âme avant de se couvrir de tags. Il a fermé ses portes malgré son passé prestigieux et son titre de premier cabaret transformiste. Il devait son nom à la célèbre chanson d'Yvette Guilbert : Madame Arthur.

Créé après la guerre, il compta parmi ses artistes quelques transformistes de renom : Coccinelle, Bambi, Cricri, Angélique Lagerfeld...Créé après la guerre, il compta parmi ses artistes quelques transformistes de renom : Coccinelle, Bambi, Cricri, Angélique Lagerfeld...

N° 76 - Côté pair, le grand immeuble triste du café-restaurant la Fourmi a pour voisin une belle construction fin de siècle. Ses architectes, Dureau et Orieme ont tracé les plans d'une vingtaine d'immeubles parisiens, parmi lesquels, de l'autre côté du boulevard les 4 et 6 de la rue Thimonnier, ainsi que les ateliers Godillot, fameux fournisseurs de l'armée dont le nom est passé dans la langue!

N° 77 - (ex-no 13 de la chaussée des Martyrs). - L'Asile national de la Providence a été créé, en 1804, par le lieutenant­-colonel de cavalerie en retraite Micault de La Vieuville et sa femme pour recevoir 60 Français ou Françaises du département de la Seine âgés d'au moins 70 ans, mais encore valides, jadis de condition aisée mais tombés dans la misère; 48 vieillards y payaient une pension modique (700 francs par an), les 12 autres étaient reçus gratuitement. Des dons de la famille royale sou­tinrent au début cet établissement situé alors dans des jardins. Céleste Mogador, une des reines du bal Mabille, devenue plus tard Mme Lionel de Moreton, comtesse de Chabrillan, y est morte en février 1909. Asile tenu par les Sœurs de l'Ange-­Gardien. Chapelle.

Maison de retraite de la Providence qui a succédé à l'Asile National de la Providence fondé en 1804 par M. et Mme Micault de La Vieuville pour y recevoir "les personnes précédemment dans l'aisance et qui à un âge avancé se trouvaient dans la gêne et même le besoin". Le chevalier de La Vieuville créa en même temps la Société de la Providence. Céleste Mogador, la dernière survivante du quatuor des danseuses de Mabille, y mourut en 1909.

Aujourd'hui la maison de retraite de La Providence subsiste mais ne peuvent y entrer que "les vieillards" qui ont de confortables revenus!
Après le retour des Bourbons, Jules Micault reprit du service et du grade puisqu'il fut nommé sous-lieutenant des gardes du corps du Comte d'Artois.
Peu importe sa carrière, il était apprécié à Montmartre pour sa générosité, étant, l'originalité en moins, un précurseur de notre Michou!
La rue dans laquelle s'achève la rue des Martyrs porte son nom. Qui sait, un jour peut-être une placette ou un escalier porteront-ils celui de Michou!

No 79 - Emplacement, au XVIIIème siècle, du château des Brouillards d'Hiver, siège d'un club républicain pendant la Révolution; bal du Boeuf‑Noir ensuite.

Le le vieil immeuble vétuste a disparu pour céder la place à de futurs logements sociaux...

N° 88. - Emplacement de l'ancien bal du Bossu.

Nos 96, 98. - Emplacement d'un pavillon situé à cheval sur le mur de clôture de l'abbaye de Montmartre dont il dépendait. Il avait été construit, en 1675, pour Marguerite d'Orléans, grande-duchesse de Toscane, fille de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, et de sa seconde femme. Elle l'habita jusqu'en 1692 et y mena une vie désordonnée en marge du couvent; elle mourut en 1721.
Enfin, signalons l'ouverture, en 1965, dans la rue des Martyrs, d'une salle de concerts et de bals, les
Folies-Bréda, dont l’existence fut éphémère."

Fin de citations.

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Le 35 de la rue des Martyrs

A l'époque romaine:

D’après un architecte expert ayant visité l’immeuble, les fondations du sous-sol du 35 remontraient jusqu'à la période romaine.

En ce sous-sol, on peut même découvrir la présence d'un antique puits (aujourd'hui comblé), qui communiquait jadis avec le rez de chaussée au niveau d'un local sis au 2 de la rue Clauzel.

Plan du sous-sol du 35

Certains murs de soutènement y atteignent l’épaisseur du mètre, ... voire nettement plus.

Trace actuelle du puits sans margelle, à présent comblé, mais toujours abrité derrière un mur de soutènement épais d'un mètre.
NB: curieusement, l'emplacement du puits ne figure pas sur le plan du rez-de-chaussée, alors que sa présence n'est pas contestable.

Cadastre 1836

Le 35, en 1836, doté d'un escalier monumental.

Dès 1860, en revanche, le 35 se retrouve encadré des deux rues perpendiculaires:

Rues Clauzel et de Navarin nouvellement créées entre 1836 et 1860.
Et l'escalier monumental de 1836 a disparu
.

De sorte que depuis, le 35 fait angle avec la rue Clauzel, et profite d'une agréable cour boisée.

Y vécut le grand comédien Lassouche, mort dans la misère en 1915, à l'âge 87 ans.




Pierre-Louis-Ange, baron Bouquin de La Souche, dit Lassouche.
Acteur de théâtre. - Joua et créa plus de 80 pièces au Théâtre du Palais-Royal. - Dessinateur et auteur dramatique.


Configuration de nos jours:

L'immeuble se compose grossièrement de trois bâtiments et jardin arboré:

  • le 35 rue des Martyrs proprement dit, débouchant sur rue,
  • un bâtiment principal, en retrait de rue,
  • un bâtiment d'angle, sis au 2 rue Clauzel.

Vue depuis la rue Clauzel

Salle d'escrime:

D'après Jean-Louis Schwatzbrod (livre en préparation), petit-fils d'Henri LAURENT, je cite, en vert:

La Salle LAURENT a été fondée en 1888 par Alphonse LAURENT (1858-1917), maître d'armes et épéiste émérite de la fin du XIX° au début du XX° siècle (il a obtenu la médaille de bronze à l'épée aux JO de Paris en 1900).

Située d'abord rue Lamartine puis 13bis Passage Verdeau (9°), la Salle LAURENT a été transférée 35 rue des Martyrs en 1904 et connut une très grande notoriété sous la direction d'Alphonse (mort en 1917 dans l'appartement situé au-dessus de la salle d'armes), puis de son neveu Henri LAURENT, qui l'un et l'autre ont formé une pléiade de champions dont plusieurs médaillés olympiques.

Orphelin à 13 ans, Henri LAURENT a été recueilli, élevé et initié à l'escrime par son oncle.
Vainqueur de nombreux tournois internationaux, 3 fois champions de France des jeunes maîtres, il était, à la veille de la première guerre mondiale, un des espoirs de l'escrime française.
Mobilisé en 1914, il a été blessé au combat en 1915 et fait prisonnier.
A son retour de captivité, en 1918, il a fait partie de la délégation française d'escrime aux Jeux Interalliés de Paris (dits aussi Olympiades de Pershing) en 1919 et a obtenu la médaille d'or à l'épée.
Il a été ensuite vainqueur de nombreux tournois et championnats (Challenge Higgins 1920 et 1921, champion de France des professeurs 1921 et 1923).
Il était par ailleurs professeur titulaire de la Salle d'armes du Lycée Carnot.
Epuisé, gravement malade à la suite de ses blessures de guerre, il a été contraint de renoncer à la compétition puis au professorat à la fin des années 30. Maître Elphège LEBLOND, son professeur adjoint, lui a alors succédé.

En complément d'information, je vous signale, à propos des jardins du 35, que les compétitions d'escrime, galas et tournois, au XIX° siècle et jusqu'au début du XX°, avaient lieu majoritairement en plein air et non pas exclusivement en salle comme aujourd'hui. Les épreuves d'escrime des JO de 1900 dont je possède quelques photos, se sont déroulées dans les jardins des Tuileries. Vous trouverez ci-joint 2 photos de tournois prises dans les jardins du 35, au début du siècle dernier.

Alphonse LAURENT se trouve au 1° rang, à l'extrême gauche

Ci-joint également un portrait D'Alphonse LAURENT peint par son élève et ami, Manuel ROBBE et une statuette représentant Henri LAURENT en tenue d'escrimeur.

Alphonse Laurent
Henri Laurent

Fin de citation.

Avec l’avènement de Maître Elphège Leblond, la Salle LAURENT est alors devenue Salle LEBLOND puis, sous la direction de son fils Marc, Salle de la Tour-d'Auvergne, jusqu'au décès dudit fils.

L'immeuble ayant été transformé en copropriété en 1964, Maître Marc Leblond s'est porté acquéreur des murs de la salle et de l'appartement du premier, avec droit de jouissance sur le jardin.

Comme de coutume, lors de beaux jours, des pistes tracées dans la cour boisée sont mises à disposition des escrimeurs.


Maître Marc Leblond, à doite.

Aujourd'hui, le club d'escrime est toujours en activité, mais dans des locaux municipaux, sous la houlette de Maître Lulien, ex-"bras droit" de Maître Leblond.

Autres activités passées:

Entre 1925 et 1950 s'installe au 35 le siège des Etablissements Butin, fournisseurs de la SNCF, bien connus des collectionneurs:

D'après http://thetunnel.free.fr/lampes/acetylene.html

Je cite:

"Albert Butin ingénieur des Arts et Manufactures
Les établissements Butin spécialisés dans la construction de lampes, produirent
(sic) de nombreux modèles en très grandes séries. Les lampes Butin sont les plus connues et les plus répandues comme la célèbre "série 141" à étrier produite entre 1950 et 1960 toujours en vente (entre 25 et 30 €) à l'état neuf dans certains surplus militaires de la région parisienne. Butin produisit pendant près d'un siècle de nombreux modèles de lampes à flamme vive pour l'armée, des génératrices à acétylène pour l'éclairage industriel et plusieurs modèles de lanternes qui équipèrent différentes compagnies de chemin de fer (Chemins de fer de l'Est, du Nord, d'Alsace Lorraine, Paris-Lyon-Méditerranée) puis après 1938 la toute nouvelle SNCF issue de la nationalisation des compagnies précédentes. Au début des années 50, les établissements Butin ont fusionné avec Gillet. La société Butin Gillet SA a ensuite quitté Paris pour s'installer à Pantin. Spécialisée dans la production d'articles métalliques ménagers, elle a fermé en septembre 1991 suite à un dépôt de bilan.
Siège : 35, rue des Martyrs à Paris 18e
(sic) puis 3 rue, Meissonnier, 93500 Pantin
Ateliers : 16, rue Compans Paris 19e, puis à Pantin
Nota : Une quincaillerie située au 34, rue des Martyrs semble avoir commercialisé sous son nom (plaquette de laiton estampillée sur le réservoir à eau des lampes) des modèles de la série 142 de Butin."

Fin de citation.

Catalogue Butin de 1925 sous forme de pdf.

Catalogue Butin de 1950 sous forme de pdf.

Vraisemblablement lors des années 1930-40 (?), s’installe dans l'immeuble le peintre et décorateur Geoges Arditi, époux d'Yvonne (née Leblico, † 22 11 1982), une adorable dame belge, de qui naîtrons les futurs comédiens Pierre et Catherine Arditi.


Georges Arditi – Portrait de famille

Pour voir une vidéo de Georges Arditi parlant de son œuvre, et datée de 1986, cliquez ---> ici

"Fric, krach et gueule de bois, le roman de la crise" est une émission diffusée le 11 janvier 2011 sur France 2. D'après http://femininlemporte.canalblog.com, voici la transcription de la présentation par Pierre Arditi (en italique roiuge).

Je cite:

"Le monde a changé vous ne trouvez pas ? Moi j'ai passé mon enfance au 35 rue des Martyrs [Paris] à quelques mètres d'ici. Mon père était artiste peintre et dans cet immeuble du 35 rue des Martyrs y'avait le monde entier. Y'avait un expert comptable, il s'appelait Louis "Piat" il avait épousé une Yougoslave, oui à l'époque c'était la Yougoslavie, et puis il y avait aussi les "Fritz" des petits bourgeois très sympathiques, lui il était chef de rayon dans les grands magasins et puis il y avait aussi des anciennes prostituées, elles étaient deux, on les chambrait un peu nous les enfants de l'immeuble mais elles nous aimaient bien, on les aimait beaucoup aussi, tout ce monde là vivait en bonne intelligence, ça se mélangeait y'avait une sorte de fraternité comme ça, même si y'avait des inégalités de salaire et y'en avait forcément...

Et maintenant quand je regarde autour de moi, je me demande comment nous avons pu troquer ce monde paisible de mon enfance pour celui dans lequel nous vivons, ce monde où les emplois s'évanouissent, où les gens sont jetés d'un claquement de doigts sur le bord de la route, où la vie semble plus dure à tout le monde, sauf sans doute à quelques uns qui gagnent en un mois ce que d'autres ne gagneront pas en une vie. Alors j'ai voulu comprendre, comme vous, je me suis dit après tout peut être je suis trop nostalgique, ce monde n'était pas si extraordinaire que ça, et j'ai fini par comprendre une chose : il a fallu beaucoup de cupidité et de naïveté pour en arriver là. Des personnages avides, candides ou impatients ont combiné leurs efforts pour nous entraîner dans une crise qui est la plus grave depuis la seconde guerre mondiale. Alors à mon tour je vais vous raconter ce drame en 5 actes dans lequel nous avons été plongés, ce drame avec ses héros, ses traîtres, ses menteurs... et ses clowns."

Un peu plus tard dans la rubrique titrée : "Le paradis perdu", Pierre Arditi s'adresse à Daniel Cohen ...

"Daniel Cohen, vous êtes un économiste réputé, alors expliquez-moi comment avons nous laissé filer ce qui m'apparaît à moi comme un paradis. Qu'est ce qui s'est produit pour que le monde de mon enfance disparaisse, comme ça, se volatilise."

Fin de citation.

Madame Marie-Thérèse Besson, organiste.
(merci à François Jonquet pour ses informations)

Au premier étage, succédant aux Établissements Butin, arrive l'organiste Marie-Thérèse Michaud-Besson, qui installa, sous des plafonds élevés, un imposant orgue positif.

Née à Paris en 1928.
Etudes musicales au Conservatoire de Rouen (Premier prix d'Orgue - Prix d'Honneur) et au Conservatoire de Paris (Diplömes de Contrepoint et d'Histoire de la Musique, Prix d'Orgue et d'Improvisation, Premier Prix d'Esthétique Musicale qui couronnait une Thèse sur l'Art Liturgique). A étudié l'Harmonie avec M. Duruflé, le Contrepoint et la Fugue avec Mme Caussade, l'Histoire de la Musique avec M. Dufourcq, l'Esthétique avec M. Roland Manuel, l'Orgue et l'Improvisation avec Marie-Claire Alain et Gaston Litaize.
Diplômes de l'Académie d'Orgue de Haarlem (Hollande) et de Saint Albans (Angleterre).
Organiste attachée au Diocèse de Viviers. Soliste de l'O.R.T.F.
Répertoire : Ecole Espagnole, Ecole Italienne, Ecole Allemande, Musique Française des XVIIème et XVIIIème siècles, J.S. Bach, Franck, Muqique Française contemporaine.
Professeur d'Orgue à l'Ecole César Franck de 1971 à 1991.
Organiste titulaire à temps plein à l'Eglise Saint Louis en l'Ile depuis 1976.
Décédée
le 1er juin 2012 à l’âge de 84 ans à Saint Louis en l'Ile.

Dans les années 90, s’installe côté rue Clauzel un bar-restaurant d'ambiance américaine (le Road House), qui propose en complément un spectacle dédié au blues.
Ce qui me permet de déguster d'excellent "t-bone steaks" et de "taper le bœuf" avec quelques "pointures" sans changer d’immeuble. Ce fut une incursion passagère, mais fort agréable à mon goût. L'emplacement de l'antique puits servait alors de minuscule cuisine.

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Actuellement

Dans les années 70 où j'arrive sur les lieux, le petit monde du 35 vit dans une ambiance de "petit village", où les familles Piat, Fritz et consorts s'échangent petits plats cuisinés, sourires et autre gâteries.

Les deux ex-prostituées finissent paisiblement leurs jours, tout en gâtant les enfants (qu'elles n'ont pas eu) de cadeaux variés.

Pour un temps bref, subsiste encore au 2 rue Clauzel un "bougnat" (café, bois, charbons) qui profité de l'espace réservé à l'ancien puits comblé.

Aujourd'hui, sur place aucun des personnages ici évoqués n'est resté, et la plupart est malheureusement décédée.
NB: malgré les adjonctions des grammairiens "up to date", il m'est impossible d'écrire "la plupart sont décédés".

L'escrime évolue à présent dans des locaux municipaux, pilotée par les mains expertes du sympathique Maître Lulien.

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Poil à gratter - Itching powder


Un coiffeur, un opticien, un fournisseur de gadgets, et les occupants actuels du 35 mènent une vie ... pas trop trépidante, tout en se regardant mutuellement en chiens de faïence. On ne peut qu'abonder dans le sens indiqué plus haut par Pierre Arditi:

"Expliquez-moi comment avons nous laissé filer ce qui m'apparaît à moi comme un paradis. Qu'est ce qui s'est produit pour que le monde de mon enfance disparaisse, comme ça, se volatilise."

Ainsi va le monde.

Le 35: immeubles sur rue, immeuble en retrait, et commerces adjacents.

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